
Agriculteurs : les Landes à bout
Ce mardi 6 janvier 2026 au soir, les JA40 (Jeunes Agriculteurs) et la FDSEA des Landes ont mené une « action coup de poing » devant les permanences des députés et sénateurs du Département. Les jeunes agriculteurs dénoncent l’accord Mercosur, « qui organise une concurrence déloyale insupportable », mais aussi la taxe MACF sur les produits azotés, « déconnectée des réalités de terrain », la « réduction de la PAC », alors que les « charges explosent », et enfin « des trésoreries agricoles à sec, qui mettent en péril la survie » des exploitations.
« Les messages sont clairs, visibles et assumés. L’agriculture landaise est à bout. Nous n’acceptons plus les décisions prises sans nous. Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des actions prévues ce vendredi. Le monde agricole attend des actes, pas des promesses », commentent les JA40.
On souhaitait saluer ici la pertinence des actions des JA40, alors que ce jeudi 8, en début d’après-midi et après les occupations de ronds-points à Bégaar et à Mont-de-Marsan, les agriculteurs de la Coordination rurale se mobilisent au rond-point de l’autoroute à Aire-sur-l’Adour, ainsi qu’à celui de la route du Houga. En effet, les JA40 s’adressent directement aux élus sur des sujets de fond, et bien entendu en insistant sur la situation landaise.
Le malaise des agriculteurs en général est bien compréhensible, et le soutien des Français le démontre en dépit de blocages particulièrement pénibles non pour M. Macron ou Mme van der Leyen, mais pour le simple citoyen qui, juste avant Noël, devait rouler 5 ou 6 heures pour gagner Bayonne ou la côte landaise depuis Toulouse. Sur le fond, il est également compréhensible que l’abattage des troupeaux de bovins en lien avec la dermatose excède les agriculteurs concernés.
Mais est-ce que la colère est toujours une bonne conseillère ? C’est une autre histoire, et c’est pourquoi nous souhaitions saluer les initiatives des JA40, concentrées sur les problèmes structurels du secteur agricole et sur les véritables parties prenantes. La dermatose bovine et l’aveuglement de l’État sur le sujet sont problématiques, sans doute honteux (au même titre que certaines interventions des forces de l’ordre), mais conjoncturels. Le vent de contestation des agriculteurs a-t-il intérêt à se focaliser sur ce sujet en empêchant les citoyens de circuler ? C’est certainement discutable d’un point de vue stratégique.
Et malheureusement, il faut enfin renvoyer le « pays réel » à certaines contradictions. Le problème agricole, et les revendications des JA40 en sont la preuve la plus criante, est un problème de souveraineté nationale. La « concurrence déloyale » que nous feront les pays d’Amérique latine commence déjà en Europe, où s’est organisé un marché commun au sein duquel les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde, et qui permet à des pays comme l’Espagne ou l’Italie de tirer leur épingle du jeu sur notre territoire.
Oui, le problème, c’est encore une fois cette organisation européenne aveugle et déconnectée du réel, qui réduit notre champ d’action et dont la France est bien souvent la victime consentante. Du fait de la couardise de nos politiques, c’est certain, mais aussi, et il faut le dire, du citoyen et de l’électeur.
Le fait qu’aucune offre politique allant dans le sens d’un « frexit » ne génère plus d’un pourcent de suffrages est éclairant. Bien entendu, il y aurait du pour et du contre. Il ne s’agit d’ailleurs pas pour nous de nous prononcer, mais simplement de remarquer que l’absence totale de débat sur l’Europe vaut acceptation de bien des problèmes insolubles, à commencer par celui de l’agriculture française. Un débat de fond… Voilà qui nous manque cruellement depuis bien longtemps, et pas seulement sur l’Europe.
Quoiqu’il en soit, meilleurs vœux pour cette nouvelle année ! Et tout particulièrement aux agriculteurs landais et aux personnes en difficulté.
JM