Téléphone au volant dans les Landes : 350 infractions en 6 mois

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Points clés à retenir

  • Infractions en hausse : 350 usages du téléphone au volant relevés depuis novembre 2025 dans les Landes, dont 15 lors d’une seule opération à Mont-de-Marsan.
  • Sanctions plus sévères : Suspension de permis automatique pour récidive, avec envoi des premiers courriers dès avril 2026.
  • Opération coup de poing : Le 14 novembre 2025, un vaste contrôle mobilisant police et préfecture a ciblé le rond-point du Sablar, 700 personnes contrôlées, 90 infractions totales.

350 infractions en six mois : le chiffre qui interpelle

Sur le terrain, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis le 1er novembre 2025, la **gendarmerie des Landes** a verbalisé 350 conducteurs pour utilisation du téléphone au volant. Concrètement, cela représente près de deux infractions par jour. Mais dans les faits, ces chiffres ne sont que la face visible de l’iceberg. Les forces de l’ordre le disent : de nombreux conducteurs continuent à téléphoner, texter ou consulter leurs applis au volant, bien au-delà des contrôles.

Ce qu’on observe lors des opérations, comme celle menée à Mont-de-Marsan en novembre 2025, c’est que l’usage du portable reste l’une des infractions les plus fréquentes, juste derrière les excès de vitesse. Il faut le dire : cette pratique est l’une des premières causes d’accident sur nos routes landaises, avec une trentaine d’infractions génératrices d’accidents relevées lors de ce seul contrôle.

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Opération au rond-point du Sablar : 90 infractions en une matinée

Le 14 novembre 2025, un important dispositif a été déployé au rond-point du Sablar, à Mont-de-Marsan. Polices nationale et municipale, gendarmes, préfecture : 700 personnes ont été contrôlées en quelques heures. Au total, 90 infractions ont été relevées. Dans le détail : trois alcoolémies, six conduites sous stupéfiants, 29 vitesses excessives et 15 usages du téléphone. Autant de comportements qui, pour les autorités, montrent une **imprudence persistante**.

Ce qui frappe, c’est le profil des contrevenants : jeunes conducteurs et actifs de 25 à 45 ans confondus. Au-delà des discours sécuritaires, le constat est clair : le téléphone au volant n’est pas perçu comme un vrai danger. Beaucoup estiment « le faire sans risque », comme s’il suffisait de « faire attention ». Dans les faits, une seconde d’inattention à 50 km/h, c’est 14 mètres parcourus sans contrôle.

Suspensions de permis : les premiers courriers arrivent

Conséquence directe de cette hausse des infractions : la **préfecture des Landes** a annoncé l’envoi des premiers courriers de suspension de permis dès ce mois d’avril 2026. Concrètement, les conducteurs contrôlés avec un téléphone en main lors d’une récidive ou en état de récidive légale (deux infractions en deux ans) se verront notifier une suspension de 3 à 6 mois. L’amende reste fixée à 90 euros pour une première infraction, mais le suivi est renforcé.

Ces décisions s’inscrivent dans une politique nationale de **tolérance zéro**, qui trouve un écho particulier dans les Landes où la mortalité routière a connu un pic en 2025. Les associations de victimes et les élus locaux, que j’ai rencontrés sur le terrain, saluent cette fermeté tout en plaidant pour davantage de prévention dans les établissements scolaires et les entreprises.

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Ce qu’en disent les Landais

Je suis allé écouter les avis à Mont-de-Marsan et dans le département. « Je vois tous les jours des gens scroller sur Instagram au feu rouge, c’est devenu un geste banal », me confie Christine, habitante de Dax. « La suspension du permis, c’est bien, mais tant que ce sera pas considéré comme aussi grave que l’alcool, les gens continueront », ajoute Thierry, un routier landais de 52 ans. Ces témoignages montrent que la **prise de conscience** est encore fragile.

Au-delà des contrôles, des initiatives locales émergent. La préfecture a lancé en mars 2026 une campagne d’affichage « Les yeux sur la route, pas sur l’écran », visible sur les panneaux publicitaires des zones commerciales. Les gendarmes organisent aussi des **sensibilisations** dans les foyers ruraux et les lycées, souvent sous forme de saynètes choc.

Pourquoi ce sujet doit rester une priorité

Il faut le dire : l’usage du téléphone au volant n’est pas une infraction mineure. C’est un **facteur de risque majeur**. Selon la Sécurité routière, téléphoner en conduisant multiplie par trois le risque d’accident. Écrire un message, par six. Ce sont des chiffres que je répète systématiquement dans mes articles, car ils demeurent trop ignorés.

Dans un département comme le nôtre, où les déplacements en voiture sont fréquents et les routes souvent sinueuses, le moindre écart peut coûter cher. Les opérations de contrôle vont se poursuivre. La préfecture annonce déjà de nouvelles actions dans les semaines à venir. Sur le terrain, je continuerai à suivre ces évolutions et à donner la parole à tous. Ce qu’il faut retenir : **entre répression et prévention**, les Landes avancent, mais le chemin est encore long.

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