Feria de Dax : les festayres rongent leur frein

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Points clés à retenir

  • Baisse du pouvoir d’achat : L’inflation pèse sur les ferias et contraint les festayres à adapter leurs habitudes.
  • Stratégies d’économie : Apéritifs au camping, achats en supermarché et mélanges faits maison remplacent les consommations au bar.
  • Accessibilité revendiquée : La mairie assure que des alternatives à moins de 10 euros existent, notamment à l’Estanquet.

Au cœur des fêtes : un budget sous haute tension

Les férias de Dax battent leur plein en cet été 2026, mais derrière l’effervescence des arènes et des bodegas, une réalité s’impose : le coût de la fête a grimpé. Burgers à minimum 13 euros, barquettes de frites à 3 euros, pichets de bière à 15 euros, sans oublier les navettes ou les foulards… Pour de nombreux festayres, chaque journée passée dans les rues dacquoises pèse lourd sur le portefeuille. Dans les allées, on observe des visages souriants, mais aussi des calculettes mentales qui s’activent.

Sur le terrain, la parole se libère. Sandra et Christophe, couple quadragénaire originaire de Labenne, enchaînent les rendez-vous festifs du Sud-Ouest depuis 2016. Bayonne, Soustons, Saint-Vincent-de-Tyrosse, puis la Feria de Dax pour finir en beauté. Mais cette année, c’est le portefeuille qui mène la danse. « Ici, j’ai tout ce qu’il faut : les bouteilles, les glaçons… Un vrai minibar ambulant ! », sourit Christophe en désignant une glacière posée à ses pieds. Pour cet agent de sécurité, la solution est simple : profiter de l’ambiance sans passer par la case consommation dans les bars. Concrètement, la glacière est devenue le compagnon indispensable de leur été festif.

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Du camping à la rue Saint-Vincent : les stratégies débrouillardes

La débrouillardise n’est pas l’apanage des habitués. Alix, 22 ans, est descendue de Rennes avec un budget serré : environ 100 euros de carburant et 75 euros pour cinq nuits au camping des Berges. Une fois ces dépenses incompressibles réglées, il restait peu pour les extras. Qu’à cela ne tienne, la jeune femme a revu son organisation. L’apéritif se prend au camping, la soirée se négocie avec une petite bouteille glissée dans le sac, et la fin de nuit se passe… de nouveau au camping. Entre quelques emplettes à la supérette et des repas avalés sur le pouce, elle estime avoir dépensé 90 euros en trois jours.

« J’ai dû trouver des stratagèmes pour ne pas être trop dans le rouge. On allait à l’Intermarché acheter du Get 27 et des glaçons. On mettait tout dans une bassine et ça nous faisait notre propre bar », raconte-t-elle, narquoise. Très concrètement, ce supermarché situé à l’entrée de la rue Saint-Vincent est devenu un point de ravitaillement central pour les jeunes festayres. Un employé observe : « On était idéalement placés, donc on est vite devenus un point de passage incontournable. Sandwichs, alcool, boîtes de conserve… tout y passait. On a vu encore plus de monde que les années précédentes. »

La mairie défend des ferias accessibles

Face à ces constats, les élus locaux veulent rassurer. Le maire de Dax, Julien Dubois, insiste : « Les fêtes restent accessibles à tous les budgets. » Il rappelle l’existence de l’Estanquet, où l’on peut se restaurer pour moins de 10 euros avec des produits de qualité, sans oublier la gratuité de la plupart des spectacles. Cependant, il reconnaît que l’inflation a des conséquences. « On l’observe aussi sur d’autres rendez-vous du Sud-Ouest : la baisse du pouvoir d’achat freine la consommation sur place. »

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Dans les faits, cette tension entre l’envie de faire la fête et la réalité des prix transforme les comportements. Au-delà des discours sur la convivialité, c’est une autre fête qui se dessine, plus économe et plus rusée, mais qui conserve cette flamme propre aux férias landaises.