
Un pacte inédit pour financer le SDIS 40
Ce vendredi 3 octobre, le Département des Landes, les 327 communes landaises, l’État et le SDIS 40 ont signé une convention pluriannuelle pour sécuriser le financement du service d’incendie et de secours jusqu’en 2027.
Dans un dossier de presse diffusé ce vendredi, le Département évoque le point délicat du financement du SDIS 40. Pour la première fois en 2024, le seuil des 40 000 interventions a été franchi par les sapeurs-pompiers landais. Un record qui illustre une tendance nationale préoccupante.
Le constat est sans appel : depuis 2002, le modèle budgétaire ne permet plus la mise en adéquation entre les besoins et les moyens financiers alloués au SDIS. Une problématique nationale que plusieurs rapports parlementaires ont qualifiée de système « à bout de souffle ». En mai 2024, une mission flash de l’Assemblée nationale confirmait que l’incapacité croissante des collectivités à financer les SDIS constituait une impérieuse nécessité à résoudre.
Innover juridiquement pour sortir de l’impasse
Face à l’attente de réformes législatives nationales qui tardent à venir, les Landes ont décidé de prendre les devants. La convention signée ce vendredi constitue une première en France en associant 4 parties prenantes : le Département, l’ensemble des communes landaises, l’État et le SDIS 40 lui-même.
Si des conventions tripartites existent déjà – le Lot-et-Garonne avait ouvert la voie en 2018 en associant le bloc communal –, l’intégration formelle de l’État dans le dispositif landais marque une étape inédite. La loi ne prévoit en effet qu’un partenariat pluriannuel entre SDIS et Département.
Un effort de 6,75 millions d’euros sur trois ans
Le pacte landais fixe précisément les engagements de chacun pour la période 2025-2027. Le Département des Landes mobilisera 3 millions d’euros supplémentaires, portant sa contribution à 27,5 millions d’euros. Cette montée en puissance suivra un rythme régulier : un million par an sur trois ans.
Côté communes, le bloc communal versera 3,75 millions d’euros sous forme de subventions d’investissement pour renouveler les équipements : un million en 2025, 1,25 en 2026 et 1,5 million en 2027. Ces montants s’ajoutent à la contribution obligatoire calculée selon la population et le potentiel fiscal de chaque commune.
L’État, quant à lui, interviendra à hauteur de 2,6 millions d’euros au titre du pacte capacitaire « Feux de forêt » du ministère de l’intérieur (1,2 million en 2025 et 1,4 million en 2026), auxquels s’ajoutent 54 690 euros pour la défense contre les incendies dans le cadre de la planification écologique.
Quinze emplois supplémentaires d’ici 2027
L’objectif principal de cette convention réside dans le renforcement des effectifs. Le SDIS 40 compte actuellement 392 équivalents temps plein (ETP) et vise 407 ETP en 2027, soit quinze recrutements sur trois ans.
Pour 2025, cinq postes sont prévus : deux sapeurs-pompiers professionnels non-officiers, un officier chef de groupement Est, un assistant de groupement Est et un lieutenant référent. En 2027, l’enveloppe permettra également de financer 186 contrats de sapeurs-pompiers volontaires saisonniers, contre 112 actuellement.
La convention vise également à rééquilibrer progressivement la charge financière. Dans le budget 2024 du SDIS, le Département participait à hauteur de 69,09 % (24,5 millions d’euros), contre seulement 30,91 % pour l’ensemble des communes landaises (10,9 millions).
En termes de coût par habitant, le conseil départemental des Landes consacre 50,66 euros par an et par habitant, soit nettement plus que la moyenne (44,54 euros). À l’inverse, la contribution communale landaise s’établit à 22,14 euros par habitant, bien en deçà de la moyenne nationale de 32,12 euros.
Le volontariat au cœur du dispositif
Au-delà des aspects financiers, la convention réaffirme l’importance cruciale du volontariat. Les 1 804 sapeurs-pompiers volontaires landais représentent 80 % des effectifs d’intervention, un rouage essentiel du service public de secours sur notre vaste territoire.
Le SDIS 40 s’engage à intensifier ses actions de promotion du volontariat, tandis que les collectivités territoriales promettent de favoriser la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires faisant partie de leurs effectifs. Le maintien et le développement de ces forces vives restent cruciaux pour garantir la réactivité du service, en particulier dans un département où la démographie et la fréquentation touristique sont en hausse constante.
Avec ce pacte inédit, les Landes espèrent montrer la voie à d’autres territoires confrontés aux mêmes défis de financement, en attendant qu’une réforme nationale vienne clarifier durablement le modèle économique des SDIS français.