
Du désert médiatique landais
Voici ce qu’écrivait le Girondin Angelo de Sorr au milieu du XIXe siècle à propos de nos chères Landes :
« Rien de plus mélancolique, de plus monotone que l’aspect des landes, surtout, lorsqu’en sortant de leurs silencieuses forêts on entre dans la lande rase, dans ces plaines où l’œil ne découvre jusqu’à l’horizon que des sables arides, des bruyères, des ajoncs, et de loin en loin des bouquets de pin maritime. En été, c’est la sécheresse et la nudité des déserts de l’Afrique ; en hiver, c’est le froid tableau des marais de la Sibérie ; car alors, et jusqu’au milieu du printemps, les eaux pluviales, retenues à la surface par le sol argileux, couvrent une grande partie des landes.
Cependant, ces tristes solitudes que la main de l’homme a su rendre un peu productives, offrent çà et là, surtout sur les rives des petits cours d’eau, quelques cabanes isolées qu’entourent de maigres cultures. Véritables oasis placées là pour nous avertir que ce sol, en apparence inférieur, n’attend, pour changer d’aspect, que les bras d’une population plus nombreuse, les efforts de l’industrie, la volonté ferme du pouvoir, et des secours qui ne peuvent émaner que de lui ».
Une de ces trop rares oasis : voilà ce qu’entend devenir Actu-Landes dans le désert médiatique landais ! Actu-Landes, oui, parce qu’aucun groupe ne devrait s’octroyer le monopole de l’actualité. Et car même si depuis Sorr, les pins ont mangé la lande originelle, notre département de cœur conserve dans bien des domaines sa nudité d’antan. Le paysage médiatique est assurément de ceux-ci : pour s’en convaincre, il suffit de comparer l’offre locale en la matière à celle de nos voisins bordelais, basques ou béarnais.
Aujourd’hui, la presse écrite locale est dominée par un champion historique sans réels concurrents, réputé mal en point mais toujours vif. Un acteur nécessaire, mais insuffisant, gentiment escorté par d’autres du même tonneau, comme lui régionaux ou nationaux (c’est-à-dire pour lesquels les Landes sont un territoire comme un autre), ainsi que par des brochures publicitaires déguisées ou des journaux d’annonces légales certes plus concentrés sur le territoire et nantis d’un agrément, mais qui se livrent pour la plupart aux mêmes compromissions que leurs confrères. Nous pourrions en citer quelques-uns dont les « journalistes », en réalité des autoentrepreneurs, nous avouent sans honte en privé qu’ils travaillent en parallèle « à la communication des marques ».
Plombé par ses frais de structure, le mammouth blessé se fait plus qu’agressif sur le plan commercial, mélange les genres en créant des clubs d’entreprises déguisés en médias, remplace ses journalistes professionnels par des correspondants de presse payés une misère, consacre l’essentiel de ses ressources à une actualité nationale déjà relatée partout et ne s’affranchit toujours pas de ses préjugés politiques. Certes, les Landes ont toujours penché à gauche, et il faut bien les caresser dans le sens du poil… Grand écart savoureux quand on pense qu’à la collusion avec les élus, se mêle désormais une grande opération séduction auprès des acteurs du privé. Ou quand le mouton mange à tous les râteliers… Heureusement, fini le chantage à l’annonceur : l’heure semble aux supplications…
Nous avons tenté d’apporter à certains titres une nouvelle vision du traitement de l’actualité locale, basée sur une transmission rapide des communications factuelles et en parallèle sur l’élaboration d’articles de fond inédits et qualitatifs. Faute d’être entendus, agissons donc par nos propres moyens : on n’est jamais si bien servi que par soi-même !
Bref, Actu-Landes n’essaiera jamais de vous faire prendre les marronniers pour des pins. Nous saisirons l’actualité locale par la racine… et monterons de temps en temps sur nos échasses !
