
Parentis-en-Born : les élus réduisent leurs indemnités pour redistribuer
Temps de lecture : 2 min
Ce qu’il faut retenir
- Redistribution : La maire et ses adjoints ont baissé leurs pourcentages d’indemnités pour financer les indemnités des conseillers délégués et du conseiller référent.
- Enveloppe globale : Le conseil a fixé une enveloppe mensuelle de 10 065 euros bruts pour l’ensemble des indemnités des élus, votée à l’unanimité.
- Majoration modérée : La commune a choisi de ne pas appliquer le plafond des majorations possibles (chef-lieu de canton et station classée), optant pour une augmentation limitée à 17% au titre du tourisme.
Sur le terrain, à Parentis-en-Born, la nouvelle équipe municipale issue des urnes en mars a tenu sa première séance de travail conséquente début avril. Concrètement, il s’agissait de mettre en place les rouages administratifs et financiers du mandat. Parmi les sujets techniques mais essentiels, la question des indemnités des élus.
Ce qu’on observe, c’est une délibération adoptée à l’unanimité fixant l’enveloppe globale mensuelle des indemnités à 10 065 euros bruts. Un chiffre qui suit le cadre réglementaire, mais dont la répartition interne a fait l’objet d’un choix politique. Il faut le dire : la maire, Marie-Françoise Nadau, et ses huit adjoints ont volontairement réduit le pourcentage de leur indemnité de base. Pourquoi ? Pour dégager dans cette enveloppe fermée les moyens de rémunérer les trois conseillers délégués et le conseiller référent qui complètent l’exécutif.
Un choix politique pour une équipe élargie
Au-delà des discours, dans les faits, cette décision signifie une redistribution interne. L’opposition, représentée par les listes « Mieux vivre ensemble à Parentis » et « Pour Parentis », a questionné cette enveloppe. Lors du débat, des élues ont interrogé la possibilité de réduire davantage les indemnités ou de renoncer aux majorations. La réponse du maire a été claire : le montant est jugé cohérent avec les caractéristiques de la commune et représente déjà une forme de modération.
Je constate que l’argument avancé est celui de la juste indemnisation au regard du temps et des responsabilités engagés, tout en refusant « d’appliquer automatiquement le plafond ». Un point de détail qui a son importance : Parentis-en-Born, en tant que chef-lieu de canton et station classée de tourisme, pourrait prétendre à des majorations cumulées importantes. La municipalité a choisi de renoncer à celle de chef-lieu de canton et de limiter celle liée au tourisme à 17%, bien en deçà du possible.
Des chiffres qui traduisent une volonté
Concrètement, ce renoncement partiel et ces baisses de pourcentages se traduisent par des euros. Selon les calculs présentés en séance et rapportés par un élu, cela représente un « abandon » de 23% des indemnités théoriques maximales. Soit, mensuellement, environ 470 euros de moins pour la maire, 188 euros pour chaque adjoint et 94 euros pour les conseillers délégués. Ces sommes restent dans l’enveloppe globale mais sont réallouées.
Sur le terrain, cette décision technique parle d’une certaine conception du travail municipal. Elle acte la volonté d’intégrer pleinement les conseillers délégués à l’équipe exécutive, en leur donnant une reconnaissance financière, même symbolique. C’est aussi un geste en direction de la transparence et du débat public sur la rémunération des élus, un sujet souvent sensible. Ici, il a été mis sur la table, discuté, et voté avec trois voix contre, montrant que la recherche de consensus a ses limites mais que l’explication a été donnée.
Dans les faits, cette première délibération financière dessine les contours d’un mandat qui, à Parentis-en-Born, commence par un acte de modération et de redistribution interne. Une façon de signifier que le travail d’équipe et la représentativité ont un prix, mais que ce prix est négocié et partagé. Une base intéressante à observer dans la durée.