
Conférence départementale de l’habitat : priorité aux jeunes
Le Département a annoncé un appel à projets pour la création de 200 places en résidence habitat Jeunes. L’initiative, présentée lors de la conférence départementale de l’habitat de ce mardi 14 octobre, vise à répondre aux difficultés d’accès au logement des moins de 30 ans.
Réunie mardi 14 octobre à l’Hôtel du Département à Mont-de-Marsan, la conférence départementale de l’habitat a rassemblé l’ensemble des acteurs du logement dans les Landes. Co-présidée par le préfet Gilles Clavreul et le président du conseil départemental Xavier Fortinon, cette instance constitue le lieu de pilotage du Plan départemental de l’Habitat (PDH).
Autour de la table : l’État, le Département, les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), la Banque des Territoires, les bailleurs sociaux, la CAF, Action Logement Services et les associations. L’objectif de cette réunion annuelle est de partager les diagnostics territoriaux, présenter les actions nouvelles et orienter les priorités stratégiques des politiques publiques de l’habitat.
Un appel à projets en deux temps
L’annonce phare de cette conférence est le lancement d’un appel à projets pour la réalisation de 200 places en résidence Habitat Jeunes. Ce dispositif portera une solution de logement au service de l’autonomie et de l’émancipation des jeunes grâce à des accompagnements personnalisés.
Le déploiement se fera en deux phases :
- 2026 : 100 premières places
- 2027 : 100 places supplémentaires
Xavier Fortinon a salué cette initiative comme « une bonne nouvelle », alors même qu’un diagnostic alarmant sur le logement des jeunes Landais venait d’être présenté aux membres de la conférence.
Plus de 3 000 jeunes en difficulté de logement
Commanditée conjointement par l’État, le Département et la CAF, l’étude réalisée par l’Union Régionale pour l’Habitat des Jeunes de Nouvelle-Aquitaine (URHAJ NA) dresse un constat sans appel. Sur les près de 60 000 jeunes âgés de 15 à 30 ans dans le département (13,1 % de la population), plus de 3 000 éprouvent de réelles difficultés à accéder à un logement ordinaire, soit 5 % de cette tranche d’âge.
Concrètement, ces jeunes se retrouvent dans des situations précaires :
- Sans logement
- Hébergés chez un tiers hors famille
- Avec une résidence principale à plus de 100 km de leur entreprise d’accueil pour les alternants
Cette situation de double résidence multiplie d’autant les coûts et les difficultés dans la sécurisation des parcours personnels et professionnels.
Trop cher, trop grand, trop loin
Malgré un revenu médian de 17 822 € par an – supérieur à la moyenne régionale –, la jeunesse landaise est confrontée à une offre et une typologie de logements inadaptées. Le diagnostic pointe notamment le manque de T1 et T2, ainsi que l’insuffisance de logements temporaires.
Les tensions sont particulièrement fortes sur la frange littorale du département, mais la quasi-totalité du territoire landais est concernée. Ce constat vaut tant pour le parc immobilier privé que pour le parc social.
| Indicateur | Chiffre | Commentaire |
|---|---|---|
| Demandes HLM des -30 ans pourvues en 2024 | 12 % | Soit 2 242 demandes non satisfaites |
| Évolution depuis 2017 | +100 % | Plus du double de demandes non satisfaites |
| Jeunes vivant chez leurs parents | 54 % | Un peu plus d’un jeune sur deux |
Le phénomène de re-cohabitation contrainte
Un peu plus d’un jeune de moins de 30 ans sur deux (54 %) vit chez ses parents. Le diagnostic met en avant la baisse du nombre d’allocataires CAF de cette tranche d’âge, laissant entrevoir un phénomène de re-cohabitation contrainte, signe d’une véritable crise du logement pour cette génération.
Pour dresser un tableau complet de la situation :
- 12 % des moins de 30 ans ont un enfant à charge, dont près de 900 familles monoparentales
- 20 % des jeunes fiscalement indépendants disposent de faibles ressources, soit moins de 900 € par mois
Un appel à la mobilisation de tous les acteurs
Lors de leurs interventions, Xavier Fortinon et Gilles Clavreul ont souligné que le logement des jeunes conditionne leur insertion, leur mobilité et finalement leur ancrage dans le département. Ensemble, ils ont appelé « chacun des acteurs de la chaîne de l’habitat et du logement à un effort de régulation du marché immobilier, même si ce n’est pas facile et même si la loi du marché n’encourage pas ce phénomène ».
Les deux responsables ont également invité l’ensemble des partenaires à « tout faire pour faciliter la production de logements sociaux afin de répondre aux besoins des jeunes, notamment compte tenu des différences très marquées dans les territoires ».
XL Adapt’ : premier bilan encourageant
La conférence a également été l’occasion de dresser un premier bilan du dispositif XL Adapt’, le programme d’aide à l’adaptation des logements porté par le Département en partenariat avec l’Anah, l’État, la MLPH et Procivis.
Adressé aux personnes en situation modeste et très modeste de plus de 60 ans, ou en situation de handicap, ce dispositif est en route depuis début 2025. Les équipes du Département accompagnent administrativement et techniquement les bénéficiaires dans la réalisation et la demande de subventions de travaux pour améliorer l’accessibilité de leur logement.
Durant ces premiers mois de 2025 :
- 400 contacts et plus de 200 visites de logements réalisées
- 142 dossiers déposés dont 27 en cours d’instruction
- 75 dossiers accordés
- 40 dossiers clôturés et payés
Le montant moyen de l’aide MaPrimeAdapt’ s’élève à 4 706 € par dossier, pour un montant de travaux de 8 610 € TTC, soit un taux moyen de subvention de 55 %.