Championnats de France de surf : premiers sacres dans les Landes

La 61e édition des Championnats de France de surf prend ses quartiers sur les spots landais jusqu’au 2 novembre. Après une première journée annulée pour cause de météo défavorable, vingt-deux titres nationaux ont été décernés en trois jours à Hossegor, Seignosse et Capbreton.

Entre relève prometteuse, para surf à l’honneur et surprises sportives, le rendez-vous annuel du surf français a tenu ses promesses malgré des conditions automnales capricieuses.

Samedi 25 octobre : 4 premiers champions couronnés dans des conditions difficiles

Après l’annulation de la première journée vendredi pour cause de conditions météorologiques défavorables, les compétitions ont pu débuter samedi matin sur les plages capbretonnaises du Santocha et du Prévent. La journée a toutefois rapidement basculé, les conditions agréables du matin laissant place à un vent soutenu et à la pluie dans l’après-midi.

Sur le spot du Prévent, Franck David (Nouvelle-Aquitaine) a ouvert le palmarès en décrochant le titre de champion de France de skimboard, devançant Mathieu Le Guen, Tugdual Siret et Benjamin Mora. Troisième l’an passé, le Néo-Aquitain a profité de l’absence du triple champion en titre Beryl Besseau (2021, 2022, 2024) pour s’emparer de sa première couronne nationale.

« Je suis très content même si les conditions étaient très difficiles. Ce n’était clairement pas l’idéal pour du skimboard. On était beaucoup trop bas sur la marée », a confié Franck David après sa victoire, concédant « qu’il n’y avait pas non plus tous les meilleurs français ». Mais lui était là !

Franck David, champion de France de skimboard (crédit : FFSurf / WeCreative / Guillaume Arrieta).

Du côté du Santocha, Uhaina-Kailani Hegoas a rappelé qu’elle demeurait la référence du bodysurf féminin français. À 17 ans seulement, la Basque du Biarritz Sauvetage Côtier a conservé son titre en bodysurf ondine avec une autorité remarquable, scorant la meilleure vague féminine de la journée avec un 7 points. Elle s’est imposée devant Zoé Proust, Orane Luquet et Nina Declercq.

Chez les hommes, la surprise est venue de Ruben Cambas. Passé par les repêchages, le jeune surfeur a créé la sensation en remportant son premier titre de champion de France en bodysurf open, alors qu’on l’attendait plutôt dans la catégorie espoirs. Champion espoirs de Nouvelle-Aquitaine cette année, il a devancé Charles Valet, Niels Schorsch et Alix Schorsch.

« Des conditions très compliquées aujourd’hui avec beaucoup de vent. Il fallait vraiment choisir ses vagues, c’était le secret », a analysé le nouveau champion, qui annonçait déjà vouloir « tenter le doublé » en espoirs.

Alix Schorsch a marqué cette première journée en créant l’exploit en kneeboard, discipline historique du surf français. Engagé également en bodysurf où il a terminé quatrième, le jeune athlète a dominé ses aînés dans des conditions apocalyptiques, remportant son premier titre de champion de France. Il a notamment privé de sacre le grand favori et tenant du titre Olivier Marimoutou, relégué à la deuxième place.

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Dimanche 26 octobre : journée marathon avec seize titres décernés

La deuxième journée de compétition aura été un temps fort de ces championnats de France. Seize titres nationaux ont été attribués ce dimanche, dont 11 en para surf et para surf adapté, discipline mise à l’honneur sur la plage du Prévent à Capbreton. Sous un beau soleil automnal, les conditions se sont révélées sympathiques le matin avant de devenir nettement plus venteuses dans l’après-midi.

Éric Dargent, pilier du para surf français

Premier à se mettre à l’eau dimanche matin, Éric Dargent a tenu son rang en décrochant un quatrième titre national en Para Surf Stand 3. Vice-champion du monde à Oceanside l’an dernier et champion d’Europe à Vigo huit jours plus tôt, le surfeur de 50 ans demeure le pilier de l’équipe de France de para surf qui s’envolera début novembre pour les Championnats du monde en Californie.

« C’est une immense satisfaction. À l’approche de mes 50 ans, cela me réjouit de voir la jeune génération progresser. Nous sommes tous très motivés et espérons conserver notre titre par équipe aux Mondiaux », a déclaré Éric Dargent, soulignant toutefois qu’« il manquait un peu de monde » cette année.

Éric Dargent (crédit : FFSurf / WeCreative / Robin Aussenac).

Ces championnats de France se sont en effet déroulés avec un plateau moins relevé que les années précédentes, inscrits entre les Championnats d’Europe (14-19 octobre en Espagne) et les Mondiaux (2-7 novembre en Californie), obligeant de nombreux athlètes à gérer leur enchaînement de compétitions internationales.

Le para surf en pleine lumière

La journée a offert son lot de confirmations et de belles surprises dans toutes les catégories de para surf :

  • Emmanuelle Blanchet (Pays de la Loire) a conservé son titre en Para Surf Kneel Ondine malgré « des conditions particulièrement délicates » avec un courant fort et des vagues irrégulières.
  • Maxime Cabanne (Nouvelle-Aquitaine) s’est offert un cinquième titre en Para Surf Kneel Open après avoir dû « enchaîner 25 canards d’affilé » pour sortir de l’eau.
  • Les Bretons ont réalisé le doublé en Para Surf Prone 1 : Solange Balay a confirmé sa domination chez les femmes avec une nouvelle couronne, tandis qu’Erwan Bleuez, petit nouveau dans la discipline, a décroché son premier titre national.
  • Emmanuel Dubrana (Bretagne) s’est imposé en Visuel 2 Open au terme d’une série très serrée, suivi par la victoire surprise d’Héloïse Lauriol (Bretagne) en Visuel 2 Ondines face à la favorite Lou Méchiche.
  • Thomas Da Silva, vice-champion du monde, et Valentine Moskoteoc ont tenu leur rang en Visuel 1, confirmant leur statut de membres de l’équipe de France.
  • Peyo Milhau (Nouvelle-Aquitaine) a décroché son huitième titre en Para Surf Adapté, le quatrième consécutif, tandis que Jules Oestreich s’imposait chez les espoirs.
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Gabriel Bachelet détrône le quintuple champion

L’après-midi a réservé une surprise majeure en SUP surfing. Intouchable en 2024, Benoît Carpentier (Bretagne), champion du monde ISA 2019 et quintuple champion de France dont les quatre dernières éditions, abordait cette finale en grand favori. Mais Gabriel Bachelet, troisième l’an dernier, a créé la sensation en le privant d’un nouveau sacre.

Au terme d’une finale extrêmement serrée, Gabriel Bachelet s’est imposé avec 12,84 points devant Benoît Carpentier à 12,64 points, après avoir attrapé la « bombe de la journée » selon les termes de la fédération. Pierre Girardeau et Mathieu Carpentier complètent le podium.

Chez les femmes, Camille Dubrana (Bretagne) a défendu son titre de championne face à Marine Kerdreux, triple lauréate entre 2021 et 2023. Les deux Bretonnes, ainsi que Benoît Carpentier, s’envoleront pour le Salvador du 10 au 15 novembre avec l’équipe de France pour les Mondiaux de stand up paddle.

En surf tandem, Paul Duvignau et Ophélie Fargetas ont vu leur progression récompensée, s’imposant devant le duo favori Leroy/Burel grâce à des figures techniques et créatives.

Lundi 27 octobre : Uhaina-Kailani Hegoas réalise le doublé

Troisième journée de compétition sous la pluie et le vent au Santocha. Deux titres seulement ont été décernés ce lundi en bodysurf espoirs, mais ils ont permis à Uhaina-Kailani Hegoas d’entrer un peu plus dans l’histoire du surf français.

Déjà lauréate samedi en ondines open, la Basque a remporté lundi le titre ondines espoirs, réalisant ainsi un doublé comme lors de l’édition précédente. À 18 ans l’année prochaine, elle passera en Open, faisant de 2025 sa dernière année de doublé possible. Sur un plan d’eau démonté par le vent, elle s’est envolée en scorant un 8,17 points, meilleure vague de la journée, devançant Victoire Vergnes, Ambre Gautier et Zoé Proust.

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« Ça fait vraiment plaisir de réussir le doublé ! Les conditions étaient encore plus compliquées qu’hier, avec beaucoup de courant et de vent. C’était ma dernière année en espoirs, l’an prochain je serai trop vieille. Je suis heureuse de finir sur cette note », a confié l’athlète du Biarritz Sauvetage Côtier.

Nouveau doublé pour Uhaina-Kailani Hegoas après celui de l’an dernier (crédit : FFSurf / WeCreative / Arthur Picard).

Chez les hommes, Niels Schorsch s’est rattrapé après sa troisième place en open samedi, remportant le titre espoirs grâce notamment à un départ canon avec une vague à 7 points dès la première minute. Il a devancé Ruben Cambas, titré en open samedi, confirmant ainsi le très haut niveau de cette nouvelle génération.

Une initiative pour la mixité dans le sport

Au-delà des performances sportives, ces championnats de France sont aussi l’occasion pour la Fédération Française de Surf de lancer l’essaimage du programme « Club des 300 », porté par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). Cette initiative vise à former 300 femmes dirigeantes dans le sport d’ici 2028, constituant une étape importante vers une gouvernance sportive plus mixte et collaborative.

Ce premier rassemblement a réuni ce week-end 15 candidates issues des clubs de la FFSurf, aux côtés de représentantes de plusieurs fédérations, autour d’ateliers et de temps d’échanges. Après une matinée consacrée aux présentations, les participantes ont eu la surprise de recevoir la visite du champion olympique Kauli Vaast, avant de conclure la journée par une session symbolique de surf sur le spot du Prévent à Capbreton.

La suite du programme

Les Championnats de France de surf se poursuivent jusqu’au 2 novembre avec les finales très attendues des catégories shortboard prévues ce mardi : bodyboard cadets et juniors, shortboard minimes, cadets et juniors. Les conditions météorologiques s’annoncent meilleures pour mardi et mercredi, promettant un spectacle de haute volée sur les spots de la Sud à Hossegor, des Bourdaines à Seignosse et du Santocha à Capbreton.

Près de 550 athlètes sont réunis pour cette 61e édition qui célèbre dix disciplines du surf français, du shortboard au bodyboard en passant par le longboard, le SUP surfing ou encore le para surf. Un rendez-vous incontournable sur un territoire où la culture surf fait partie de l’ADN local, Hossegor, Seignosse et Capbreton accueillant ces championnats pour la dixième fois depuis leur création en 1964 à Biarritz.