Béatrice Frecenon-Guillaume, nouvelle sous-préfète de Dax : un parcours atypique dans les Landes

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Points clés à retenir

  • Première nomination tardive : à 57 ans, Béatrice Frecenon-Guillaume devient sous-préfète de l’arrondissement de Dax, un parcours rare dans la fonction publique.
  • Fidélité à son héritage : elle porte le nom de son mari, Didier Guillaume, sans chercher à effacer son rôle, mais entend être reconnue pour son travail de terrain.
  • Enjeux locaux : la nouvelle sous-préfète se concentre sur les problématiques agricoles, la pression foncière et la délinquance, tout en s’impliquant dans la vie culturelle landaise.

Une nomination qui sort de l’ordinaire

Sur le terrain, ce lundi 4 mai 2026, Béatrice Frecenon-Guillaume a officiellement pris ses fonctions de sous-préfète de l’arrondissement de Dax. Concrètement, intégrer le corps préfectoral à 57 ans, ce n’est pas banal. Elle-même le reconnaît : son parcours est « atypique ». Celui qui l’a menée des couloirs du ministère de l’Agriculture aux rives de l’Adour n’a rien d’une ligne droite.

Ce qu’on observe, c’est une femme qui refuse le statut de « veuve de la République » pour se replonger dans l’action publique. Publié au Journal officiel le 8 avril, un décret officialisait sa nomination pour trois ans, en remplacement d’Éric Requet. « Ça va me permettre de me sentir à nouveau active et utile aux autres », confiait-elle sur Facebook le 26 avril, quelques jours après l’annonce.

Une carrière au service de l’intérêt général

Derrière les discours, il faut le dire : Béatrice Frecenon-Guillaume n’a pas attendu la sous-préfecture pour servir l’intérêt collectif. À 19 ans, elle décroche le concours de rédacteur-cadre B et entre dans la fonction publique au Conseil général de la Loire, dans le social. Pendant des décennies, elle gravit les échelons, cumulant les expériences dans la Drôme, au Sénat, au ministère de l’Agriculture ou encore à la campagne municipale de Biarritz en 2020. Son secret ? Une connaissance intime des arcanes de la vie publique, forgée auprès de son mari, Didier Guillaume, ancien ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation (gouvernement Philippe) puis ministre d’État de Monaco, décédé brutalement le 17 janvier 2025.

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Le trait d’union dans son nom dit tout : « Je porte son nom, je ne veux pas effacer l’importance qu’il a eue dans ma vie », affirme-t-elle. Mais dans les faits, sa nomination envoie un signal fort : refusant de n’être qu’une « collaboratrice », elle veut redevenir une actrice de terrain, loin des rapports bureaucratiques qu’elle rédigeait au CGEAR (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux). « Je souhaite être reconnue par mon travail au quotidien auprès des Landais », tranche-t-elle.

Des enjeux concrets pour l’arrondissement

Au-delà des discours, Béatrice Frecenon-Guillaume hérite d’un territoire en pleine transformation. « C’est un arrondissement dynamique, qui bouge, avec des bienfaits et des problèmes : richesse et croissance, mais aussi pression foncière et délinquance », liste-t-elle. Se présentant comme une « sous-préfète agricole et de terrain », elle s’inquiète des difficultés des petites exploitations familiales, des aléas climatiques et des maladies touchant les agriculteurs. Mais attention, pas d’angélisme : « Avec le recul, on voit que les préconisations sanitaires vont dans le bon sens : protéger le plus grand nombre. »

Elle devra aussi plancher sur l’organisation des ferias de Dax et des fêtes de l’arrondissement. L’épicurienne qu’elle est, amatrice de rugby et de corrida, semble déjà imprégnée de l’esprit du Sud. Sa découverte de la tauromachie ? « Avec El Juli, à la Madeleine de Mont-de-Marsan 2003 », avoue-t-elle, presque confuse. Un agenda déjà chargé : « Robert Margé m’a parlé de la présentation des cartels de Dax le 15 mai, et ce vendredi, il y a le match entre l’US Dax et Valence-Romans », sourit-elle, sans dévoiler ses préférences. « Ce qui est au fond de mon cœur reste au fond de mon cœur. »

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