Nouveaux OGM résistants à la sécheresse : ce qui change en 2026

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À retenir

  • OGM nouvelle génération : les NGT modifient le génome sans ajout d’ADN étranger, ce qui les rend « non transgéniques » mais toujours génétiquement modifiées.
  • Enjeu pour les Landes : ces semences résistantes à la sécheresse pourraient aider les cultures locales comme le maïs ou le soja à faire face aux pénuries d’eau.
  • Opposition du bio : les agriculteurs biologiques et petits exploitants dénoncent un risque de contamination et une perte de souveraineté paysanne.

Ces nouvelles techniques qui déchirent le monde agricole

C’est un dossier qui monte en pression à Bruxelles, et dont on parle peu dans les campagnes landaises. Pourtant, il va directement toucher nos assiettes et nos champs. Les eurodéputés s’apprêtent à voter un texte majeur sur les nouveaux OGM, plus précisément sur les plantes obtenues par NGT (New Genomic Techniques). Sur le terrain, le sujet divise. Entre les promesses de plantes résistantes à la sécheresse – un sujet crucial pour les Landes – et la crainte d’une mainmise industrielle sur le vivant, il faut le dire, le débat mérite d’être clarifié.

Que sont concrètement ces « nouveaux OGM » ?

On les appelle en anglais New Genomic Techniques (NGT). En français, on parle de mutagenèse dirigée ou de cisgénèse. Concrètement, ces techniques permettent de modifier le génome d’une plante, mais sans introduire d’ADN provenant d’une autre espèce. Contrairement aux OGM de première génération, on ne greffe pas un gène de bactérie ou de poisson dans un blé. Ici, on agit sur le patrimoine génétique de la plante elle-même, soit en provoquant des mutations ciblées, soit en insérant un gène provenant de la même espèce ou d’une espèce proche.

Résultat : les semences obtenues par NGT sont bien des organismes génétiquement modifiés, mais elles ne sont pas « transgéniques ». Cette nuance est au cœur du conflit actuel. Les plus gros syndicats agricoles soutiennent ardemment ces biotechnologies, y voyant une réponse concrète aux pénuries d’eau, aux maladies et à la raréfaction des intrants. Mais les agriculteurs bio s’y opposent, tout comme des représentants de petites exploitations, qui dénoncent une privatisation du vivant.

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Pourquoi ce débat est majeur pour les Landes

Dans les Landes, on sait ce que signifie un été sec. Les épisodes de sécheresse se multiplient, les restrictions d’eau deviennent la norme sur le bassin de l’Adour, et une partie du maïs landais – qui fait la fierté de notre région – souffre. Or, les NGT permettent de créer des variétés de maïs, de soja ou de colza capables de pousser avec moins d’eau. Ce qu’on observe aujourd’hui, c’est que ces semences pourraient offrir une bouée de sauvetage à certains producteurs, surtout ceux en conventionnel qui cherchent des solutions techniques pour maintenir leur rendement.

Pourtant, dans les fermes en agriculture biologique des environs de Mont-de-Marsan ou du Born, le rejet est net. On craint une contamination des cultures voisines, malgré les barrières génétiques prévues. « Ce sont des petits pas vers l’acceptation des OGM classiques », m’a confié un producteur local, sous couvert d’anonymat. « Au-delà des discours sur la sécheresse, on laisse entrer un cheval de Troie industriel. » Au-delà des discours effectivement, il faut regarder les faits : le texte européen prévoit d’exempter les NGT de la réglementation lourde des OGM, ce qui inquiète les associations environnementales.

Un vote européen aux allures de test bipartisan

Ce n’est plus une question de savoir si le texte passera, mais dans quelle mesure. Le Parlement européen devrait se prononcer dans les semaines à venir, probablement avant la pause estivale. Les eurodéputés français sont eux aussi divisés : la majorité penche pour un feu vert conditionnel, tandis que les écologistes et certains socialistes réclament l’application du principe de précaution.

Dans les faits, l’Allemagne, l’Espagne et les Pays-Bas – trois grands pays agricoles du maïs – font pression pour une adoption rapide. La France, officiellement, reste prudente. Mais le lobby semencier est puissant, et l’argument de la « souveraineté alimentaire européenne face aux OGM chinois et américains » fait son chemin.

« Ces techniques ne sont pas un gadget de laboratoire. Elles sont un outil concret pour adapter nos cultures à un climat qui change. Mais rien ne remplacera une agriculture qui respecte les sols et l’eau. »

— Propos d’un agronome landais, recueillis sur le terrain

Ce qui va changer pour les agriculteurs landais

Si les NGT sont approuvées, les agriculteurs pourront, dès 2027, planter des semences NGT sans devoir passer par les lourdes procédures d’autorisation des OGM. Concrètement, cela signifie un accès accéléré à des variétés résistantes à des herbicides spécifiques ou à la sécheresse.

Mais attention, le texte prévoit que les produits issus de NGT devront être étiquetés. Un point qui fait débat : les filières bio réclament un étiquetage clair et des distances de sécurité pour éviter les contaminations. Les premiers retours de terrain que j’ai pu recueillir auprès d’agriculteurs du Marsan montrent une inquiétude réelle : « Je ne veux pas me retrouver avec des voisins qui font du NGT sans que je le sache », m’a expliqué un céréalier bio.

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Défense de l’intérêt général : vers quel modèle agricole ?

Il faut le dire, ce débat dépasse la technique. Ce qu’on observe depuis plusieurs semaines, c’est une véritable bataille de récits. D’un côté, ceux qui voient dans les NGT une révolution nécessaire pour sauver l’agriculture européenne. De l’autre, ceux qui craignent une dépendance accrue aux semences industrielles, au détriment des variétés paysannes adaptées localement.

Dans les Landes, avec notre histoire de résilience – du bois de pin à l’irrigation –, on a souvent su trouver des équilibres. J’espère que ce vote ne sera pas une simple validation, mais un vrai débat citoyen. Au-delà des pressions des eurodéputés, ce sont nos choix agricoles pour les vingt prochaines années qui se jouent. Rester maîtres de nos semences est un enjeu de souveraineté, tout autant que produire assez pour nourrir nos concitoyens.

Un dossier à suivre de près, pour tous ceux qui se demandent ce qu’il y aura dans leur assiette demain.