
Sécurité routière : 1975, un été meurtrier
Alors que la préfecture alerte sur l’évolution récente de la mortalité routière dans les Landes, on jette un œil dans le rétroviseur. C’était il y a cinquante ans…
Cet été, 10 personnes sont décédées sur les routes landaises. Ce qui porte le total à 16 depuis le début de l’année. Pour tenter de limiter ce nombre de drames routiers, en progression de près de 20% depuis 2019, la préfecture vient d’annoncer qu’elle sanctionnerait l’usage du téléphone portable au volant de retraits de permis, si du moins la situation n’évolue pas favorablement d’ici novembre.
Cette annonce, du jamais vu dans l’Hexagone, survient 50 ans après un été particulièrement meurtrier sur les routes de France. Il faut dire qu’en 1975, peut-être avec les fortes chaleurs, les Français ont été très nombreux à prendre la route des vacances.

Une hécatombe estivale
À l’époque, le trafic atteignait son comble début août, une courte période redoutée. Et cette année-là, près de 150 personnes avaient perdu la vie entre le 1er et le 4 août, pendant la grande migration estivale. Très exactement 147, soit 9 de plus que l’année précédente.

Dans le Sud-Ouest, ce sont probablement les bouchons qui ont sauvé des vies. Le 2 août, le grand quotidien régional titre d’ailleurs d’une manière amusante : « R.N. 10… à l’heure ». L’axe routier est bloqué de Ruffec, en Charente, jusqu’à la frontière espagnole. Le 1er août, expose le journal, il ne fallait pas moins de huit heures pour se rendre de Saint-Geours-de-Maremne jusqu’à Saint-Jean-de-Luz, soit une cinquantaine de kilomètres. Néanmoins, Sud-Ouest révèle que 10 personnes sont décédées ce jour-là sur les routes de la région. Les Landes semblent cela dit avoir été plutôt épargnées.

Fin juillet, des annonces avaient pourtant été faites en conseil des ministres : obligation d’asseoir les enfants à l’arrière, feux de croisement le jour pour les motos, marche sur la gauche des routes pour les piétons, contrôles nocturnes en ville pour le port de la ceinture…
Litanie de faits divers
Tout l’été, la une du quotidien sera en partie occupée par la litanie de ces faits divers, ordinaires décès d’automobilistes. Dès le 19 juillet, le titre parle d’une « série noire » qui « continue sur les routes du Sud-Ouest ». Derrière chaque cas se cache un drame, et ce jour-là, le journal en relate un chez nous, du côté de Léon, où une vendeuse avait heurté deux piétons qui circulaient sur la droite d’une chaussée mal éclairée. L’un, âgé de seulement 14 ans, en vacances à la colonie de la Fédération Notre-Dame, était décédé. Il était accompagné d’une autre jeune femme de son âge, légèrement blessée à la main. Tous deux étaient originaires de Haute-Garonne.

Plus tard, le jeudi 31 juillet à 17 heures, « sur la R.N. 132, à la hauteur du parc ornithologique, une voiture conduite par M. Henri Quentin, 58 ans, s’est déportée sur la gauche et s’est écrasée contre un arbre ». Son épouse et passagère de 47 est morte sur le coup. Le conducteur et sa fille, gravement blessés, ont été transportés à l’hôpital de Mont-de-Marsan.

En cette triste année 1975, selon les chiffres de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, un total de 1039 accidents de la route sont survenus dans les Landes, pour 135 tués et 521 blessés graves. Un autre temps, sans téléphones mobiles, mais aussi sans airbags…
JM