
Plan logement 2026 : location des passoires thermiques autorisée sous conditions
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Ce qu’il faut retenir
- Passoires thermiques : la location redevient possible sous conditions, avec un sursis de trois ans pour les propriétaires engageant des travaux.
- Incitations fiscales : le gouvernement renforce les dispositifs existants pour inciter les propriétaires à rénover.
- Pouvoir des maires : ils pourront désormais attribuer les logements sociaux, une compétence aujourd’hui réservée aux préfets.
Un changement de méthode assumé par le gouvernement
Sur le terrain, l’annonce a fait l’effet d’une petite secousse. Le ministre du Logement, Sébastien Lecornu, a présenté ce jeudi 23 avril 2026 un ensemble de mesures destinées à répondre à la pénurie de logements qui frappe durement le territoire. Concrètement, le gouvernement prépare un projet de loi qui sera discuté cet été, et dont l’un des articles les plus commentés concerne le retour en grâce des passoires thermiques.
« C’est un changement de méthode, pas d’ambition », a tenu à préciser le ministre. Dans les faits, cela signifie que les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) pourront à nouveau être loués, à condition que les propriétaires s’engagent dans des travaux de rénovation. Un sursis de trois ans leur est accordé pour les réaliser.
Incitations fiscales : ce qui est prévu
Pour accompagner ce dispositif, le gouvernement prévoit de renforcer les incitations fiscales existantes. Il faut le dire : jusqu’ici, les propriétaires bailleurs hésitaient à se lancer dans des travaux lourds, faute de visibilité sur le retour sur investissement. Ce qu’on observe, c’est que le nouveau plan entend simplifier les procédures et augmenter les aides directes, via des crédits d’impôt et des primes à la rénovation.
Au-delà des discours, l’objectif affiché est clair : remettre sur le marché des logements aujourd’hui vacants ou sous-loués, et freiner la hausse des loyers. Mais dans les Landes, comme ailleurs, la question de la qualité des logements reste centrale. Personne n’imagine un retour à des locations indignes, sous prétexte de résoudre la crise.
Logements sociaux : les maires reprennent la main
Autre mesure forte du projet de loi : le transfert aux maires du pouvoir d’attribuer les logements sociaux. Jusqu’à présent, cette compétence relevait des préfets. Sur le terrain, beaucoup d’élus locaux réclamaient ce changement depuis des années, estimant que la connaissance fine des besoins de leur commune était un atout pour une attribution plus juste.
Concrètement, les maires pourront décider seuls des attributions, dans le cadre d’un contingent communal. Une révolution silencieuse qui devrait, selon le gouvernement, permettre une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, et réduire les délais d’attente.
Il faut le dire : les associations de locataires restent vigilantes. Elles redoutent des pratiques clientélistes ou une moindre transparence. Mais pour l’instant, le texte prévoit des garde-fous, comme la publication des critères d’attribution et un droit de recours pour les demandeurs.
Ce que ça change dans les Landes
Dans notre département, la question du logement est brûlante. Entre la pression touristique sur le littoral, la flambée des prix dans les zones périurbaines et le vieillissement du parc immobilier rural, les solutions doivent être adaptées. Les passoires thermiques représentent une part non négligeable du parc landais, notamment dans les maisons anciennes des centres-bourgs.
Au-delà des discours, ce qui intéresse les propriétaires landais, c’est la simplicité des démarches. Le gouvernement promet un guichet unique pour les aides à la rénovation. Sur le terrain, on attend de voir si cette promesse se concrétisera. Car comme le rappellent souvent les artisans locaux, les travaux de rénovation énergétique peuvent vite atteindre des montants dissuasifs.
Calendrier et prochaines étapes
Le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres en juin, puis débattu au Parlement cet été. Une adoption est espérée avant la fin de l’année 2026. Dans les faits, les premières mesures concrètes, comme les incitations fiscales et les sursis pour les passoires thermiques, pourraient entrer en vigueur dès 2027.
Pour les Landais, l’enjeu est double : d’un côté, accélérer la rénovation du parc pour éviter les déperditions énergétiques, de l’autre, répondre à la demande croissante de logements abordables. Ce plan, s’il est appliqué sans détour, pourrait être une bouffée d’air. Mais il faudra rester vigilants sur l’équilibre entre intérêt général et intérêts particuliers. Comme toujours, c’est sur le terrain que la réalité se vérifiera.