
Mont-de-Marsan : le retour de la vengeance
Après le permis de conduire et la plainte de l’ancien directeur général des services de l’agglo pour « harcèlement moral », voici venue la prise illégale d’intérêt : à Mont-de-Marsan, la campagne des municipales 2026 commence à ressembler à un mauvais sketch.
Cette fois-ci, une opposition qui ne se désigne toujours pas d’elle-même mais qui devient très facile à identifier attaque le maire Charles Dayot sur la vente de l’étage du bâtiment de la poste, votée en conseil municipal en juin 2025 afin de créer du logement en centre-ville. Le préfet, qui pourrait avoir décidé de prendre part à cette campagne des municipales, aurait en effet signalé une possible prise illégale d’intérêt du maire de Mont-de-Marsan, largement relayée par des médias locaux au diapason.
« Le dossier démontre l’inverse, expose Charles Dayot dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Je n’ai aucun intérêt personnel dans cette affaire. Je n’avais d’ailleurs aucune raison de me retirer du vote. Je n’ai aucun lien d’affaires avec les investisseurs, donc pas de conflit d’intérêt. Il n’y a eu aucune dissimulation, le projet a été validé en commission indépendante, avec des élus de l’opposition également ». Et l’élu de se demander : « Quelle sera la prochaine boule puante ? » Le maire et président de l’agglo pense qu’on va bientôt s’attaquer au traitement et à l’accompagnement médical de sa fille. Il pose enfin la question : « Qui y gagne, à quelques semaines d’une élection ? »
Encore une fois, notre objectif n’est pas de nous positionner dans cette campagne, ni d’ailleurs par rapport à ces accusations à répétition. On se contentera de s’étonner de leur timing et de l’absence de débat autour de l’avenir de cette ville de Mont-de-Marsan. Le camp de l’ancienne maire a-t-il autre chose à proposer ? Mystère et boule de gomme. « Leur seul programme, c’est la calomnie », se contente de souligner Charles Dayot, pour qui ce climat « est pesant pour les Montois », même si on suppose que les Montois ont quand même d’autres chats à fouetter et tireront leurs propres conclusions de cette foire d’empoigne.
La méthode interroge quoiqu’il en soit autant que la nature exacte de l’implication de la préfecture dans cette campagne, que semble supposer M. le maire et que ne confirme évidemment aucun média local. Le média local ne travaille généralement que dans la direction qu’on lui fournit, avec ses œillères… Aucun média local ne nous fera donc le bref rappel des notes de taxi de M. le préfet dans une autre vie, ni de sa propension à diffuser des informations douteuses. Nul n’est irréprochable en ce bas monde… La justice fera son travail, mais peu importe ce qu’elle déduira de tout cela : l’idée était de torpiller les municipales avec des attaques en règle en pleine campagne électorale. Une bonne vieille méthode qui a fait ses preuves… mais qui commence à sentir le réchauffé.
On ne fera pas non plus de pronostic sur l’élection à venir. Le PS semble pouvoir tirer profit de la guéguerre qui se joue au centre, tandis que le RN reste en embuscade. D’un autre côté, il n’est pas du tout certain que la stratégie d’acharnement du camp macroniste porte ses fruits. Elle pourrait même s’avérer contre-productive…
Une chose est sûre : le Montois restera le grand perdant de l’affaire, et le débat tant attendu n’aura sans doute pas lieu avant la mi-mars. Du moins en dehors des colonnes d’un certain quotidien local…
JM