Mont-de-Marsan accueille les scientifiques du bois

De ce mercredi à vendredi, Mont-de-Marsan se transforme en capitale scientifique du bois. La ville landaise accueille la 14ème rencontre technique du groupement de recherche « Sciences du bois ».

En ce moment même, Mont-de-Marsan est le siège de la 14ème rencontre dédiée aux sciences du bois, véritable vitrine pour un territoire qui mise gros sur l’innovation. Ces rencontres techniques rassemblent habituellement environ 200 chercheurs, enseignants et doctorants français, ainsi qu’une vingtaine de scientifiques internationaux. L’objectif : partager les dernières avancées en matière de recherche sur le matériau bois, de la biologie à l’ingénierie, en passant par les relations structures et propriétés.

Le groupement de recherche « Sciences du Bois », créé par le CNRS, regroupe une communauté très diverse en termes de disciplines et de thématiques de recherche. Cette structure rassemble 56 équipes issues du CNRS, de l’INRAE et d’autres institutions nationales autour de thèmes scientifiques transversaux et du partage des ressources.

Xylomat, fer de lance de l’innovation

Le Département rappelle qu’il accompagne l’Institut Universitaire Technologique (IUT) de Mont-de-Marsan, rattaché à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), à hauteur de plus de 320 000 euros par an. Sur cette enveloppe, 226 000 euros sont spécifiquement consacrés aux allocations de recherche.

Ces aides bénéficient directement aux jeunes chercheurs, doctorants et ingénieurs du département Sciences et Génie des Matériaux de l’IUT. Leurs travaux participent à la valorisation scientifique et économique du bois et des matériaux biosourcés, créant ainsi un pont entre la recherche académique et les besoins industriels.

Les travaux pratiques des étudiants ont lieu notamment au sein du plateau technique Xylomat de Mont-de-Marsan, un laboratoire de recherche situé à proximité de l’IUT. Cette plateforme, spécialisée dans la chimie du bois et ses dérivés, crée des plateaux techniques utilisés par les industriels locaux et réalise des essais R&D dédiés aux entreprises et startups de la filière bois et matériaux biosourcés.

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Entre 2019 et 2023, le Département a aussi mobilisé 500 000 euros pour soutenir la Chaire Bois sur le site d’Agrolandes, en partenariat avec l’UPPA et Xylomat. Cette chaire structure la recherche autour du bois et des composites biosourcés et permet de développer des projets concrets en lien avec les entreprises locales.

Un territoire qui mise sur l’innovation durable

Parmi les innovations en cours, on peut citer le développement de colles biosourcées à base d’amidon de maïs ou de kératine de plumes de canard, préfigurant la chimie verte de demain.

Les investissements ne s’arrêtent pas là. Le projet Xylomat 2, d’un montant global de 5 millions d’euros, sera lancé en 2026. Cofinancé par l’État, la Région et le Département, ce centre de recherche nouvelle génération sera implanté sur le technopôle Agrolandes, à proximité de l’Agrocampus.

Le bâtiment réunira enseignants-chercheurs, étudiants, doctorants et startups avec pour objectif de développer des projets appliqués aux problématiques industrielles locales. Xylomat 2 accueillera également la plateforme Xylomat d’UPPATECH, qui mettra à disposition des entreprises landaises des équipements scientifiques de pointe pour caractériser, analyser ou fabriquer de nouveaux produits bois et composites.

Xavier Fortinon, président du Département des Landes, a souligné la dimension stratégique de ces investissements :

« En soutenant la filière bois et la recherche appliquée, le Conseil départemental des Landes fait le choix stratégique du développement économique durable, fondé sur la science, la jeunesse et l’innovation. Nous faisons du savoir et de la recherche un levier concret de compétitivité pour nos entreprises et notre territoire. »

Cette politique s’inscrit dans la dynamique plus large portée par le GIP Agrolandes. Cette structure coordonne les initiatives, mutualise les moyens et crée des passerelles entre les mondes académique et économique. Pour le massif des Landes de Gascogne, premier massif forestier cultivé d’Europe occidentale, ces investissements dans la recherche représentent un enjeu majeur de diversification et de valorisation de la ressource bois, pilier historique de l’identité et de l’économie landaise.

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