Landes Insertion Mobilité : une présidente passe le volant

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Ce qu’il faut retenir

  • Transmission : Danièle Dinclaux quitte la présidence de Landes Insertion Mobilité après l’avoir portée depuis sa création, mais reste au conseil d’administration.
  • Développement : L’association, née en 2019, a étendu ses activités de la réparation automobile à la location, au transport social et à une plateforme de conseil en mobilité.
  • Enjeu : Dans un département rural comme les Landes, l’accès à une mobilité abordable est un levier crucial pour l’insertion professionnelle et sociale.

Un tournant pour la mobilité solidaire landaise

Sur le terrain, à Pontonx-sur-l’Adour, un chapitre se tourne pour Landes Insertion Mobilité. Danièle Dinclaux, figure emblématique de cette association, s’apprête à passer la main après avoir été sa présidente, et même sa co-présidente fondatrice, depuis novembre 2019. Concrètement, elle quitte ses fonctions exécutives mais, fidèle à son engagement, elle restera membre du conseil d’administration. Son départ, qui sera acté lors de l’assemblée générale de fin avril 2026, intervient à un moment charnière pour la structure, alors qu’un nouvel atelier annexe vient d’ouvrir ses portes à Pontenx-les-Forges.

Au-delà du garage : un outil d’insertion globale

Ce qu’on observe ici, c’est bien plus qu’un simple garage à prix solidaires. Il faut le dire : dans les Landes, territoire rural par excellence, la mobilité est souvent le premier frein à l’emploi, à la formation, à une vie sociale. L’association, labellisée Atelier et Chantier d’Insertion (ACI), s’adresse à des personnes orientées par des travailleurs sociaux. Le principe ? Proposer des réparations automobiles accessibles financièrement, mais aussi former et accompagner des salariés en contrat d’insertion. Pour eux, la mécanique devient un outil de réapprentissage des codes du travail, un tremplin vers un emploi durable.

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Au fil des ans, le modèle a essaimé. Dans les faits, l’offre s’est étoffée avec une plateforme mobilité où des conseillères réalisent des diagnostics individuels. Leur mission : identifier et lever les obstacles – financiers, administratifs, ou liés au permis – pour rendre les personnes autonomes dans leurs déplacements. Des ateliers pédagogiques complètent ce dispositif, créant un écosystème complet autour de la mobilité solidaire.

« Il était temps de souffler » : les raisons d’un départ

Alors, pourquoi quitter le poste de présidente après avoir tant investi ? Je l’ai rencontrée quelques jours avant l’AG. Sa réponse est sans fard, marquée par une forme de lassitude honnête. « Les trois dernières années ont été éprouvantes », confie-t-elle, évoquant sans détour des « problèmes de direction » récurrents qui ont généré du stress et de la fatigue. L’ouverture du second atelier à Pontenx-les-Forges, aboutissement de plus de trois ans de négociations, a représenté un aboutissement mais aussi une charge supplémentaire.

« Comme je n’aime pas faire les choses à moitié, cela demande une disponibilité et une énergie considérables », explique-t-elle. Son départ est donc un choix assumé, une nécessité pour « souffler » et prendre du recul. Un besoin de respiration compréhensible pour qui porte de multiples casquettes, puisqu’elle reste également présidente de l’Arbre à Pain, une autre association d’insertion landaise. « Tant que je peux être utile, je continue », assure-t-elle, précisant que son retrait de la présidence de LIM n’est pas un désengagement, mais une transmission nécessaire pour la pérennité du projet.

Un héritage et des défis à relever

Au-delà des discours, le bilan est tangible. L’association, née en 2019, a su se développer et répondre à un besoin criant sur le territoire. La création du second site à Pontenx-les-Forges élargit sa zone d’impact, touchant une population encore plus éloignée des services. Dans les faits, le défi pour la nouvelle équipe qui prendra la suite sera double : consolider cette expansion tout en préservant l’ADN social et solidaire de la structure.

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Le départ de Danièle Dinclaux de la présidence marque la fin d’un cycle fondateur. Il symbolise aussi la maturité d’une initiative qui doit maintenant s’inscrire dans la durée, au service des Landais pour qui une voiture en état de marche n’est pas un luxe, mais bien la clé d’une vie sociale et professionnelle. L’histoire de Landes Insertion Mobilité continue, avec d’autres visages pour conduire ce projet essentiel.