Grippe aviaire : le Département élargit l’aide au vaccin

Face à la découverte d’un premier foyer d’influenza aviaire hautement pathogène à Herm, le conseil départemental des Landes a décidé de prendre en charge 50% des coûts de la troisième dose du vaccin contre la grippe aviaire pour tous les palmipèdes gras planifiés à moins de 12 semaines. Une décision qui concerne 427 000 animaux et qui s’inscrit dans une coordination régionale inédite avec quatre départements voisins.

L’information est tombée ce jeudi 11 décembre : un premier cas d’influenza aviaire hautement pathogène a été confirmé dans un élevage de dindes et de poulets à Herm. L’exploitation, qui compte 6 000 dindes et 10 500 poulets, fait l’objet d’une opération de dépeuplement depuis vendredi matin.

Cette découverte vient confirmer la circulation active du virus dans le département. Fin octobre, une centaine de grues cendrées avaient déjà été retrouvées mortes dans la réserve d’Arjuzanx, et une loutre avait été testée positive le 10 novembre. Depuis le 22 octobre 2025, l’ensemble du territoire métropolitain est placé en niveau de risque épizootique élevé, avec 93 foyers recensés dans des élevages commerciaux à travers la France.

Le Département mobilisé

Réunis en commission permanente ce vendredi 12 décembre, les conseillers départementaux ont validé une nouvelle mobilisation du fonds d’urgences sanitaires et climatiques. Il s’agit de la quatrième sollicitation de ce fonds depuis le début de l’année 2025, témoignant de l’intensité des crises auxquelles la filière palmipède doit faire face.

La mesure adoptée prévoit une prise en charge à 50% des frais liés à la troisième dose du vaccin contre l’IAHP (coût de la dose et de son application) pour les animaux planifiés à moins de 12 semaines. Selon le communiqué du Département, ce sont ainsi 427 000 animaux sur les communes du plan Adour qui sont concernés par ce dispositif.

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Cette décision complète celle votée le 17 octobre dernier, qui prévoyait déjà une prise en charge à 100% de cette troisième dose pour les animaux sous production Label Rouge et Fermières, planifiés quant à eux à plus de 12 semaines.

Une période critique

L’enjeu est de taille. La période des fêtes de fin d’année constitue le pic de commercialisation pour la filière palmipède. Cette nouvelle aide vise à maximiser l’engagement des éleveurs dans la réalisation de cette troisième dose vaccinale, tout en limitant leurs frais.

Pour mémoire, l’État prend en charge 70% du coût de la vaccination pour la campagne 2024-2025, laissant les 30% restants à la charge de la filière. Le reste à charge du coût de la vaccination est assumé par les organisations de producteurs.

Dans son communiqué, le Département ne cache pas son agacement face au positionnement de l’État. « Par ses interventions financières, la collectivité vient ainsi à nouveau pallier l’absence d’intervention de l’État en soutien de la filière palmipèdes », est-il précisé.

Selon le Département, l’État a indiqué « à chaque fois » aux professionnels qu’aucune prise en charge ne serait proposée pour l’application de cette troisième dose, alors que cet acte est pourtant qualifié d' »essentiel pour minimiser les risques d’introduction et de diffusion du virus dans les élevages ».

Une harmonisation interdépartementale

Cette critique fait écho à une histoire douloureuse pour le département. Entre 2015 et 2017, puis de 2020 à 2023, les Landes ont lourdement souffert de l’épizootie de grippe aviaire, qui avait entraîné l’euthanasie de dizaines de millions de volailles et palmipèdes.

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Conscient que la production des animaux planifiés à moins de 12 semaines n’est pas une spécificité landaise, le Département a initié une démarche de coordination avec ses voisins. Des rencontres ont été organisées avec le Gers, les Pyrénées-Atlantiques, la Dordogne et le Lot-et-Garonne afin d’harmoniser les modalités d’accompagnement de la filière.

Cette coordination s’inscrit dans la logique du « plan Adour », élaboré en 2022-2023. Ce dispositif, qui concernait 68 communes à cheval sur quatre départements (Landes, Gers, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées), avait instauré un vide sanitaire préventif du 15 décembre 2022 au 15 janvier 2023 dans les zones les plus denses en palmipèdes.

La prise en charge partielle à 50% des coûts a été soumise aux acteurs de la filière – CIFOG (Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras), PALSO (association foie gras du Sud-Ouest), Chambre d’agriculture des Landes et organisations de producteurs – qui l’ont accueillie « avec satisfaction ».

Au-delà de l’aspect financier, cet effort d’harmonisation à l’échelle du bassin de production des palmipèdes à foie gras vise à sécuriser l’indispensable engagement d’un maximum d’éleveurs dans l’application de cette troisième dose. En effet, les animaux peuvent être élevés dans un département puis gavés dans un autre, d’où la nécessité d’une approche coordonnée.

Depuis octobre 2023, la vaccination obligatoire des canards – espèce amplificatrice du virus – a permis à la France d’être relativement épargnée par rapport aux crises précédentes. Toutefois, la recrudescence des cas observée depuis l’automne 2024 montre que la vigilance reste de mise.

Les autorités rappellent par ailleurs que la consommation de viande, de foie gras et d’œufs ne présente aucun risque pour la santé humaine, le virus H5 hautement pathogène n’étant pas transmissible à l’homme.

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