
Blocages d’agriculteurs : point de situation
Ce mardi, trois blocages restent actifs dans le département des Landes. Les agriculteurs de la Coordination rurale maintiennent leur position au rond-point de Bégaar, sur la 2×2 voies entre Dax et Mont-de-Marsan. Un deuxième point de blocage persiste au rond-point de l’Échassier à Mont-de-Marsan, tandis qu’un troisième est maintenu sur la RD933 entre Saint-Justin et Lubbon, dans le nord du département.
Ces blocages ont démarré samedi 13 décembre après une mobilisation devant la préfecture de Mont-de-Marsan. L’intersyndicale regroupant la Coordination rurale, le Modef et la Confédération paysanne a jugé décevante sa rencontre avec le préfet.
Situation sur l’A64
L’autoroute A64 reste bloquée sur 180 km entre la Haute-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques. L’A64 est fermée entre Briscous (Pyrénées-Atlantiques) et les Hautes-Pyrénées, paralysant cet axe majeur reliant Toulouse à Bayonne.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, une cinquantaine de tracteurs et autant d’éleveurs, issus de la Coordination rurale et du syndicat basque ELB, occupent les voies de l’autoroute. Les manifestants ont même installé un sapin de Noël décoré sur des bottes de foin, proclamant : « On va y passer Noël s’il le faut ».
L’A63 est également fermée aux poids lourds de plus de 7,5 tonnes au niveau du péage de Biriatou, dans le sens Espagne-France. Les tensions sont vives depuis vendredi soir où des heurts avec les forces de l’ordre ont eu lieu à Lescar, faisant deux policiers légèrement blessés.
Revendications des agriculteurs
Le cœur du conflit porte sur l’abattage systématique des troupeaux bovins dès la détection d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Les agriculteurs contestent cette mesure qui ordonne l’abattage de l’ensemble du cheptel dès l’apparition d’un seul cas, alors que la maladie ne présente aucun risque pour l’homme.
Les principales revendications sont :
- Fin de l’abattage total : La Confédération paysanne et la Coordination rurale demandent un abattage sélectif, estimant qu’il faut laisser une chance aux animaux asymptomatiques de développer une réponse immunitaire
- Vaccination massive : Les syndicats réclament une vaccination à grande échelle du cheptel français, jugeant l’abattage généralisé inefficace
- Meilleure indemnisation : Les éleveurs dénoncent des compensations insuffisantes face à la perte de troupeaux entiers
La position divise le monde agricole : la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs soutiendraient l’abattage systématique comme seule solution efficace, tandis que la Coordination rurale et la Confédération paysanne s’y opposent fermement.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué ce mardi matin à 10h30 une réunion à Matignon impliquant plusieurs ministres et préfets concernés. Plus de 3 000 animaux ont déjà été abattus en France depuis le début de la crise, alimentant la colère croissante des éleveurs qui menacent de maintenir leurs blocages jusqu’à Noël.