Patrimoine en péril : cinq églises menacées

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Points clés à retenir

  • Journées du patrimoine : les 19 et 20 septembre 2026, le thème « Patrimoine en péril » met en lumière des édifices fragiles.
  • Cinq églises du Sud-Ouest sont concernées : Chambon, Couthures-sur-Garonne, Mont-de-Marsan, Puisseguin et Biarritz.
  • Des situations contrastées : entre urgences financières, sauvetages réussis et incertitudes sur l’avenir.

Sur le terrain, le patrimoine religieux du Sud-Ouest révèle ses fractures. Alors que les Journées européennes du patrimoine se tiennent les 19 et 20 septembre 2026, avec pour thème « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer », plusieurs églises de la région sont à un tournant. Certaines menacent ruine, d’autres ont frôlé la catastrophe. Je vous propose un état des lieux de cinq édifices, entre urgence, espoir et questions de fond.

L’église Saint-Jacques-du-Cher à Chambon (17) : un village face à l’urgence

À Chambon, près de Surgères, en Charente-Maritime, l’église Saint-Jacques-du-Cher du XIIe siècle fait l’objet d’un arrêté de péril depuis 2024. La toiture risque de s’effondrer. Le coût des travaux est estimé à 560 000 euros, une somme impossible à assumer seule pour cette commune de moins de 1 000 habitants.

Construite sur un ancien cimetière mérovingien, l’église est inscrite mais non classée aux Monuments historiques. Pour tenter de financer la première phase, la municipalité peut compter sur un legs inattendu de 71 000 euros d’une ancienne habitante, ainsi que sur des subventions espérées. Mais rien n’est encore lancé.

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« Les travaux ne pourront malheureusement pas commencer cette année. Nous sommes en phase de consultation des entreprises afin d’obtenir différents devis. Nous espérons que la toiture tiendra encore cet hiver », précise la maire, Angélique Peintre.

L’église Saint-Léger à Couthures-sur-Garonne (47) : une reconstruction saluée

En 800 ans, l’église Saint-Léger de Couthures-sur-Garonne, dans le Lot-et-Garonne, a été reconstruite trois fois au même endroit. Perchée sur un éperon rocheux, elle fait la fierté du village mais a souffert de crues successives. Ses fondations érodées ont menacé l’édifice, fermé depuis 2023. Les élus ont mobilisé l’État, la Fondation du patrimoine et ont même obtenu le soutien du loto du patrimoine. Les travaux se sont achevés cet été. Il ne reste que des formalités administratives et la bénédiction de l’évêque d’Agen. Comme quoi, l’histoire peut bien finir.

L’église Saint-Vincent-de-Paul à Mont-de-Marsan (40) : une « Bergerie » à vendre ?

À Mont-de-Marsan, dans les Landes, l’église Saint-Vincent-de-Paul, surnommée la Bergerie, est fermée depuis un an. Construite en 1963, elle séduit par ses lambris en pin des Landes et ses vitraux signés Raymond Clercq-Roques. Malheureusement, le béton est carbonaté, et le fer rouille à l’intérieur.

« L’ouvrage est dans un état menaçant », alerte l’abbé Denis Cazaux. À cela s’ajoute une isolation défaillante : une vraie passoire thermique. Faute de pouvoir engager les travaux, le diocèse envisage désormais de vendre le bâtiment.

Ce qu’on observe, c’est que la question de la vente d’un édifice cultuel pose un vrai débat dans le Landes, entre préservation du patrimoine et contraintes budgétaires.

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L’église Saint-Pierre de Puisseguin (33) : un sauvetage partiel

Sur le bras du transept, une banderole « Église en danger » et un appel aux dons. L’église Saint-Pierre de Puisseguin, près de Saint-Émilion en Gironde, a été fermée au public en novembre 2022 après des chutes de pierres. Un affaissement de la voûte nécessite des travaux à six chiffres. Trop pour cette petite commune rurale.

Un étaiement important a pu être réalisé et a permis de rouvrir l’église, mais de lourds travaux restent à effectuer. En avril dernier, l’édifice a été classé Monument historique, ouvrant de nouvelles perspectives de financement. Seul le portail du XIIe siècle l’était jusqu’ici.

L’église Sainte-Eugénie de Biarritz (64) : un chantier pharaonique

À Biarritz, l’église Sainte-Eugénie a été fermée en urgence en mars 2023 après l’apparition de fissures. Les investigations ont montré que la façade nord s’écarte progressivement et penche vers la mer. Inaugurée en 1905, elle remplace une chapelle plus modeste. Son emplacement pose problème : elle est construite sur un ravin comblé de matériaux sablonneux au XIXe siècle.

10 millions d’euros sont nécessaires pour la restaurer. Une demande de classement aux Monuments historiques a été déposée en 2025, ce qui pourrait faciliter le financement.

Dans les faits : un patrimoine sous pression

Ces cinq exemples illustrent la fragilité de nombreux édifices religieux dans le Sud-Ouest. Entre dégradations liées au temps, aux éléments naturels et aux défis budgétaires, les communes et les diocèses doivent trouver des solutions. Le classement aux Monuments historiques, les legs, les appels aux dons et les lotos du patrimoine sont autant de leviers, mais ils ne suffisent pas toujours.

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Concrètement, qui doit payer ? L’État, les collectivités, les fidèles, les touristes ? La question reste ouverte. Ce qui est sûr, c’est que le patrimoine n’est pas qu’une affaire de pierres : c’est aussi une histoire de mémoire collective et d’attachement des habitants.

Il faut le dire, sans engagement fort, beaucoup de ces églises risquent de disparaître. Alors que les Journées du patrimoine mettent un coup de projecteur sur ces enjeux, espérons que l’attention ne retombe pas après le week-end. Car au-delà des discours, le terrain attend des actes.