Agnès Varda à la Chalosse : un regard libre sur le quotidien rural

Temps de lecture : 4 min

Ce qu’il faut retenir

  • Exposition événement : le musée de la Chalosse consacre une rétrospective à Agnès Varda jusqu’au 31 octobre, en partenariat avec Ciné-Tamaris.
  • Trois projets fondateurs : la sélection « Les Glaneurs et la Glaneuse », « Patatutopia » et « Visages Villages » entre en résonance avec la vie rurale.
  • Un dialogue unique : les collections permanentes du musée dialoguent avec les œuvres de Varda pour raconter le territoire.

Un écrin pour un regard libre

Sur le terrain, le musée de la Chalosse n’est pas un lieu d’exposition comme les autres. Installé dans un domaine agricole du XIXe siècle, il conserve la mémoire de la vie rurale landaise. Concrètement, c’est ce quotidien d’autrefois, celui des paysans et des savoir-faire, que l’exposition « Agnès Varda, un regard libre » vient interroger. Il faut le dire : cette rencontre entre l’œuvre de l’artiste franco-belge disparue en 2019 et les collections du musée a quelque chose de profondément juste.

Ce qu’on observe dans le parcours, c’est une attention portée aux gestes simples, aux objets oubliés, aux visages des invisibles. Agnès Varda a toujours su capter l’ordinaire pour en faire de l’extraordinaire. Ici, elle dialogue avec les outils, les ustensiles, les scènes de la vie agricole.

Trois projets pour raconter le territoire

Au-delà des discours, la sélection propose trois projets emblématiques. D’abord, « Les Glaneurs et la Glaneuse » (2000) : un documentaire qui donne la parole à ceux qui récupèrent ce que la société délaisse. Dans les faits, ce film nous parle encore aujourd’hui dans les campagnes où la récupération est une tradition. Ensuite, « Patatutopia » (2003) : une installation réalisée pour la Biennale de Venise qui transforme la pomme de terre en matière poétique. Rien de plus rural que ce tubercule, cœur de l’alimentation paysanne landaise. Enfin, « Visages Villages » (2017), coréalisé avec JR, célèbre les rencontres de la France rurale et périphérique.

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Concrètement, le musée propose un parcours visuel et sonore : photographies, archives, extraits vidéo, objets personnels issus de la succession Varda, mais aussi pièces inédites. Il faut le dire, grâce à des prêts des Archives départementales des Landes et du musée des Beaux-Arts de Pau, l’exposition est aussi une plongée dans notre mémoire locale.

Un voyage sensoriel entre passé et présent

Sur le terrain, ce qui frappe, c’est la manière dont les œuvres de Varda semblent avoir été conçues pour ce lieu. Les vitrines du musée accueillent ses installations, ses photographies datant des années 1950 aux années 2010. Des panneaux explicatifs, sobres, accompagnent le visiteur sans le surcharger. Dans les faits, le musée a su tirer parti de l’espace : les salles d’exposition temporaire, mais aussi les dépendances, les granges, créent des ambiances qui renforcent la dimension humaine de ce rendez-vous.

Ce que j’ai remarqué, en discutant avec les organisateurs : cette exposition n’est pas un simple accrochage d’œuvres. C’est un vrai dialogue. Entre le patrimoine landais et une artiste mondialement reconnue, entre le local et l’universel, entre le passé et notre présent.

Informations pratiques

Lieu : Musée de la Chalosse, Montfort-en-Chalosse. Dates : jusqu’au 31 octobre 2026. Horaires : du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h. Tarifs : de 3 à 8 euros.