Festival de Cannes 2026 : la Nouvelle-Aquitaine fait briller le cinéma de territoire

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Points clés à retenir

  • 14 films labellisés : la Nouvelle-Aquitaine a accompagné quatorze productions, tous formats confondus, au 79e Festival de Cannes, dont deux longs-métrages en lice pour la Palme d’or.
  • Un budget culturel conséquent : la Région dispose du deuxième fonds de soutien au cinéma de France, avec 9 millions d’euros investis chaque année, de l’écriture à la postproduction.
  • Pas de convention renouvelée avec le CNC : des questions budgétaires et de gouvernance ont empêché la signature du partenariat 2026-2029, mais les discussions restent ouvertes.

Un cru cannois prometteur pour les productions régionales

Sur le terrain, Charline Claveau, vice-présidente du Conseil régional en charge de la Culture, a passé quatre jours à Cannes, du 14 au 17 mai. L’occasion de rencontrer les acteurs du secteur et de mesurer concrètement l’impact des soutiens régionaux. Au total, quatorze films ayant bénéficié d’une aide de la Nouvelle-Aquitaine étaient présents dans la sélection officielle. Parmi eux, deux longs-métrages concourraient pour la Palme d’or : Histoires de la nuit de Léa Mysius, tourné intégralement en Haute-Vienne, et Notre Salut d’Emmanuel Marre, tourné à Limoges. Ce dernier a d’ailleurs été récompensé du Prix du Scénario.

Au-delà des discours, ce qui frappe, c’est la diversité des formats et des genres soutenus : films d’animation (Le Corset, Jim Queen), court-métrage (Le Bain des Sirènes), adaptation littéraire (Le Journal d’une femme de chambre de Radu Jude, tourné à Bordeaux). In Waves, autre production accompagnée, a également reçu un accueil chaleureux. Ce qu’on observe, c’est une volonté affirmée de ne pas se limiter aux grosses productions parisiennes.

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Une politique cinéma massive et territorialisée

Il faut le dire, la Région Nouvelle-Aquitaine dispose aujourd’hui du deuxième fonds de soutien au cinéma parmi les régions de l’Hexagone. Concrètement, 9 millions d’euros sont investis chaque année. Mais l’enjeu ne se limite pas à attirer des tournages. L’ambition, explique Charline Claveau, est de construire une filière complète : de l’écriture à la postproduction en passant par le développement. « Nous croyons à la diversité sociale et territoriale, à la nécessité d’entendre des voix qui ne sont pas parisiennes. » Dans les faits, cela se traduit par des aides à chaque étape : Notre Salut a ainsi été accompagné depuis l’écriture jusqu’à la production, avec une enveloppe de 240 000 euros. Histoires de la nuit, pour sa part, a reçu 200 000 euros de soutien à la production.

Pourquoi la Région n’a pas signé le nouveau partenariat avec le CNC

Sur le terrain des relations institutionnelles, un sujet a cristallisé l’attention : la non-signature du partenariat renforcé avec le CNC pour la période 2026-2029. Pourtant, la Région a été la première à signer une convention avec le Centre national du cinéma il y a quarante ans. Il n’y a pas de rupture, précise la vice-présidente. Mais des points de blocage demeurent. La nouvelle proposition est jugée trop centrée sur la fréquentation, la diffusion et l’éducation à l’image, alors que la Région porte d’autres préoccupations.

Concrètement, des structures départementales comme Gironde Tournages connaissent des difficultés budgétaires sérieuses. La Région estime que le CNC devrait mieux associer les territoires à la gouvernance. « Nous avons besoin d’y voir plus clair », indique Charline Claveau, avant de préciser qu’il n’y a pas de casus belli avec le CNC. « Nous sommes totalement en phase avec la fermeté de son président Gaétan Bruel sur la défense de la liberté d’expression et de création. » Les discussions se poursuivent donc.

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