Réindustrialisation : les freins administratifs et fiscaux pointés

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Ce qu’il faut retenir

  • Réindustrialisation : Une inversion de tendance est bien réelle depuis 2017, avec une création nette d’emplois, mais le mouvement reste fragile et peu visible.
  • Compétitivité : Le poids fiscal et réglementaire français, comparé à l’Allemagne ou à d’autres voisins européens, constitue un handicap majeur estimé à des dizaines de milliards d’euros par an.
  • Décision politique : L’impact des choix fiscaux et administratifs se mesure sur le temps long de l’industrie, bien au-delà des mandats politiques, ce qui complique la prise de conscience.

Sur le terrain de la réindustrialisation

Il faut le dire : parler de réindustrialisation n’est plus un simple slogan politique. Concrètement, après des décennies de déclin, la courbe s’est inversée. Depuis 2017, on observe une création nette d’environ 20 000 emplois industriels par an. C’est peu au regard des hémorragies passées, et c’est un mouvement de fond, silencieux, bien moins médiatique qu’une fermeture d’usine. Mais dans les faits, c’est une tendance bien réelle que je constate en échangeant avec les acteurs du territoire.

Une croissance fragile sous pression

Cette embellie reste néanmoins vulnérable. Au-delà des discours, la pression est multiple : concurrence internationale, complexité administrative européenne, et surtout, un environnement fiscal français qui handicape nos entreprises. La comparaison avec l’Allemagne est, à ce titre, édifiante. À tissu industriel identique, l’industrie française paierait chaque année près de 120 milliards d’euros d’impôts et de charges de plus que sa voisine. Même en élargissant la comparaison à l’Europe, le différentiel reste colossal, de l’ordre de 60 milliards. Ce qu’on observe, c’est une course où nos champions nationaux courent en tongs face à des concurrents en baskets.

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Le paradoxe de la résilience industrielle

Pourtant, et c’est tout le paradoxe, la France compte des pépites et des champions mondiaux. La créativité et l’innovation sont là. Mon regret, sur le terrain, n’est pas ce que font nos industriels, mais tout ce qu’ils pourraient faire dans un cadre plus favorable. La résilience même du tissu industriel landais et national est parfois un piège. Elle permet aux décideurs de minimiser l’impact négatif immédiat de certaines réglementations ou charges. L’effet se fait sentir dix ans plus tard, bien après la fin des mandats, quand l’emploi et le dynamisme territorial en paient le prix fort.

Une voix pour l’intérêt général

Des organisations comme France Industrie portent cette voix. Loin d’être un simple lobby corporatiste, elles rappellent un principe essentiel : l’industrie est un outil de souveraineté. Ses intérêts, lorsqu’il s’agit de compétitivité et d’attractivité des métiers, rejoignent l’intérêt général du pays. Dans un contexte géopolitique tendu, cette évidence mérite d’être répétée. Défendre l’industrie, c’est défendre notre capacité collective à produire, à innover et à maîtriser notre destin économique.

Quel avenir sous les pins ?

Alors, que faut-il en retenir pour nos territoires landais ? Concrètement, la réindustrialisation est une opportunité, mais elle ne se décrète pas. Elle nécessite une vision de long terme et un courage politique pour aligner nos règles du jeu avec celles de nos voisins. Il s’agit de créer les conditions pour que les pépites locales puissent grandir et que les projets d’usines voient le jour sans se heurter à un mur de complexité. Sur le terrain, j’entends à la fois de l’espoir et une lassitude face à des promesses non tenues. L’enjeu, maintenant, est de transformer l’essai.

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