Nématode dans les Landes : un second foyer détecté à Angresse

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Ce qu’il faut retenir

  • Détection : Un second pin porteur du nématode a été confirmé à Angresse, dans la zone tampon établie après le premier foyer de Seignosse.
  • Stratégie : Pas de coupe rase prévue pour ce nouveau cas. La priorité est d’éviter l’accumulation de bois coupé en bord de route au printemps, période de reprise du coléoptère vecteur.
  • Urgence : Les exploitants forestiers sur le terrain alertent sur la nécessité d’accélérer les procédures d’abattage et d’analyse face au risque de propagation.

Sur le terrain, l’inquiétude renaît

Je me souviens de l’onde de choc en novembre dernier. La découverte du nématode du pin sur un arbre de Seignosse avait fait l’effet d’un coup de tonnerre sous le ciel landais. Depuis, chaque annonce de résultat d’analyse était scrutée. Et jusqu’au 19 mars, les nouvelles étaient bonnes : tous les prélèvements étaient négatifs. Jusqu’à ce mardi.

Un second foyer vient d’être officiellement confirmé, à environ trois kilomètres au sud du premier, sur une parcelle privée de la commune d’Angresse. L’arbre, prélevé le 6 février, a vu sa contamination validée après analyses. Concrètement, le scénario que l’on redoutait silencieusement se dessine.

Un protocole qui s’adapte face au printemps

Au-delà des discours, la méthode change. Après le premier foyer, une coupe rase radicale avait été ordonnée dans un rayon de 500 mètres, accompagnée d’une vaste zone tampon de 20 km. Aujourd’hui, pour ce nouveau cas à Angresse, la stratégie est différente. « Pour l’instant, il ne devrait pas y avoir de coupe rase », m’a-t-on confirmé du côté des services de l’État.

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La raison est saisonnière et pragmatique. Nous entrons au printemps, période où le coléoptère Monochamus, vecteur du nématode, sort d’hibernation. Laisser d’importants volumes de bois fraîchement coupés en bordure de route créerait un risque accru de dissémination. Dans les faits, le protocole existant d’abattage ciblé des arbres suspects se poursuit, mais la zone de vigilance s’étend désormais légèrement plus au sud.

La course contre la montre des forestiers

Sur le terrain, le sentiment est à l’urgence. J’ai échangé avec des acteurs forestiers mandatés pour les abattages. Leur constat est sans appel : le temps presse. « On a pris un coup sur la tête », confie l’un d’eux. L’espoir né de l’absence de nouveaux cas pendant des mois s’effrite. « Pourquoi pas d’autres ? », s’interroge-t-il, lucide.

Il faut le dire : la mécanique est lourde. Entre les analyses en laboratoire, les procédures administratives pour obtenir les autorisations d’abattage auprès de chaque propriétaire, et la logistique des marchés publics, la cadence est difficile à tenir. Pourtant, l’enjeu est colossal. Rien que dans la zone tampon, ce sont entre 35 000 et 40 000 pins identifiés comme suspects, morts ou dépérissants, qui doivent être contrôlés et, le cas échéant, abattus et broyés.

Actuellement, l’effort se concentre sur un rayon de 3 km autour des foyers. Près de 3 000 analyses ont déjà été rendues. Mais face à l’immensité de la tâche et à l’arrivée des beaux jours, la pression monte. « Il faut accélérer maintenant. Vraiment », insiste un exploitant. La bataille pour la forêt landaisene se joue dans ces prochaines semaines, entre la rigueur scientifique des protocoles et l’impératif de rapidité sur le terrain.

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