Dax 2026 : Le débat télévisé qui a divisé les candidats

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Ce qu’il faut retenir

  • Positionnement : Le débat a immédiatement buté sur l’étiquette politique des listes, révélant deux stratégies opposées de communication.
  • Sécurité : Un désaccord profond sur le bilan et les méthodes, entre vidéoprotection armée et approche préventive avec médiateurs.
  • Projets : La salle de spectacle phare de l’Agglo cristallise les oppositions, entre vision ambitieuse et critique sur le coût et l’utilité.

Sur le plateau, les étiquettes politiques en première ligne

Il faut le dire, la tension était palpable dès les premières minutes. Sur le terrain du studio de TVPI à Bayonne, les deux candidats à la mairie de Dax, Julien Dubois (Horizons) et Viviane Loumé-Seixo (PS), ont planté le décor d’une campagne qui s’annonce serrée. Dix jours avant le scrutin, l’exercice du débat télévisé organisé par Sud Ouest a mis en lumière leurs différences fondamentales, bien au-delà des discours.

Concrètement, la question du positionnement politique a servi de détonateur. Julien Dubois, le maire sortant, a défendu sa liste « Vivons Dax » comme un rassemblement « fondé sur un projet » et « issu de tous horizons », minimisant l’influence des partis. Une posture que j’observe souvent chez les élus en place, cherchant à incarner l’intérêt général plutôt qu’une couleur politique.

Face à lui, Viviane Loumé-Seixo a assumé sans détour une « liste d’union de la gauche », rassemblant PS, PCF, EELV et le Parti occitan. Elle a dû répondre des parcours de certains colistiers, comme Randy Nemoz, ancien militant LFI, ou Jean-Marie Vignes, écologiste proche des anti-corrida. « Ma liste est représentative de la population dacquoise », a-t-elle argué, tout en assurant ne pas remettre en cause la tradition taurine. Dans les faits, cette séquence révèle la difficulté à composer une équipe qui rassemble sans diviser.

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Sécurité : deux visions qui s’affrontent

Le sujet de la sécurité a confirmé le fossé entre les deux visions. Julien Dubois a reconnu une « tendance haussière » de la délinquance, notamment sur le narcotrafic, tout en mettant en avant son bilan : investissement massif en vidéoprotection et police municipale armée. « Heureusement que nous avons agi », a-t-il lancé, pointant l’opposition initiale de sa concurrente.

Viviane Loumé-Seixo a, elle, parlé d’« échec », jugeant les chiffres « pas bons ». Au-delà des discours, elle a présenté une évolution : pas question de désarmer la police ou d’enlever les caméras, mais une volonté d’en faire une « réelle police de proximité » renforcée par des médiateurs pour de la prévention. Ce qu’on observe ici, c’est la classique opposition entre une logique de sanction et une approche plus sociale, sans que l’une n’exclue nécessairement l’autre sur le terrain.

Aménagement et thermalisme : le choc des projets

La conversation a ensuite porté sur le cadre de vie. La candidate socialiste a critiqué l’aménagement du plateau piétonnier, déplorant des « ciels de rue » inutiles et un manque de végétalisation concrète. Julien Dubois a défendu son « écologie pragmatique », vantant les fontaines, brumisateurs et le futur « poumon vert » prévu place Camille-Bouvet. Un échange technique qui masque mal une divergence sur ce que doit être l’espace public de demain.

Sur le thermalisme, pilier historique de l’économie locale, les priorités diffèrent aussi. Pour le sortant, il faut poursuivre les équipements d’attractivité (pistes cyclables, salle de spectacle). Pour son opposante, la relance passe d’abord par les Dacquois eux-mêmes, en facilitant par exemple l’accès aux cures pour les résidents d’Ehpad. Deux logiques, l’une tournée vers l’extérieur, l’autre vers l’intérieur.

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La salle de spectacle, projet qui cristallise tout

Mais c’est sur le projet de salle de spectacle de l’Agglomération du Grand Dax que le débat a pris sa dimension la plus vive. Julien Dubois a campé sur une position de « continuité », rappelant que le projet a été voté à la majorité et que toutes les études « sont au vert ». Il évoque un déficit de fonctionnement estimé à 250 000 euros pour 50 dates par an.

Viviane Loumé-Seixo, elle, a dénoncé un projet « pharaonique » de plus de 22 millions d’euros d’investissement, avec 1,6 million de fonctionnement annuel. « Ce projet, c’est votre pyramide », a-t-elle asséné, proposant de revoir la jauge à 1 500 places et de « reprendre le travail initial ». « 50 dates ? Mais qui va y aller ? Les Dacquois n’y auront pas accès », a-t-elle rétorqué.

Concrètement, cet échange résume toute l’élection : un affrontement entre une volonté d’incarner une ambition métropolitaine et une critique frontale sur le coût et l’utilité réelle pour les habitants. Une salle qui, décidément, ne rassemble pas. Et c’est peut-être là le principal enseignement de ce débat : dix jours avant le vote, les lignes de fracture à Dax sont nettes, profondes, et les Dacquois auront un choix clair à faire.