
Mont-de-Marsan 2026 : Darrieussecq dévoile son programme de proximité
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Ce qu’il faut retenir
- Quartiers : Réactivation des conseils de quartier, rénovation de voirie et amélioration de l’éclairage public au programme.
- Écoles : Opposition au projet d’école Lamarque-Cando, priorité donnée au maintien d’une école dans le centre-ville.
- Centre-ville : Transformation « urgente » envisagée, avec une possible semi-piétonnisation et une concertation avec les commerçants.
Une campagne au plus près des habitants
Sur le terrain, à Mont-de-Marsan, la campagne municipale prend une forme concrète. Mardi 24 février 2026, c’est dans l’école du Bourg-Neuf que Geneviève Darrieussecq, ancienne maire et candidate, a présenté les grandes orientations de son projet. Devant une soixantaine de personnes, elle a entamé une série de rencontres dans neuf quartiers, avant une grande réunion publique prévue au théâtre Le Molière le 11 mars. Ce qu’on observe, c’est une volonté affichée de replacer l’habitant au cœur du débat, loin des simples effets d’annonce.
Réactiver la vie de quartier, une priorité
Concrètement, une partie substantielle du programme s’articule autour de la vie dans les quartiers. « Ils ont tous une importance dans cette ville », a-t-elle rappelé d’entrée, annonçant la réactivation des conseils de quartier mis en place lors de son précédent mandat. « Les habitants ne manquent pas de propositions », a-t-elle souligné, reconnaissant une attente forte sur ce sujet.
Dans les faits, cela se traduit par des engagements chiffrés : un plan de rénovation de la voirie à hauteur d’un million d’euros par an, et une adaptation de l’éclairage public, actuellement éteint à 22h30, qui serait prolongé jusqu’à minuit en attendant une transition vers des LED. La question de la circulation anarchique a également été soulevée par l’assistance, la candidate reconnaissant « un effort à faire dans ce domaine ».
L’école du centre, un dossier qui cristallise les tensions
Au-delà des discours, le dossier scolaire s’annonce comme l’un des points chauds de la campagne. La dégradation de l’école du centre et le transfert de deux classes aux Arènes en septembre 2024 ont créé une situation tendue. Face au projet du maire sortant, Charles Dayot, d’ouvrir une nouvelle école dans la salle Lamarque-Cando, Geneviève Darrieussecq, à l’instar du candidat de gauche Frédéric Dutin, marque son opposition.
« Une école dans le centre-ville est essentielle », défend-elle, qualifiant l’idée Lamarque-Cando, après une hésitation reprise par l’auditoire, de « saugrenue ». Elle promet une approche par « planification » pour attribuer des budgets clairs chaque année et travailler sur l’école inclusive. Il faut le dire, ce sujet touche directement aux familles et à l’attractivité du cœur de ville.
Lutter contre l’isolement, « grande cause municipale »
Je suis frappée, sur le terrain, par la réalité de l’isolement. C’est un thème qui revient sans cesse. Geneviève Darrieussecq en a fait la « grande cause municipale » de son programme, visant particulièrement les jeunes, les mamans isolées et les personnes âgées.
Concrètement, son plan s’articule autour de trois axes : l’accessibilité des espaces publics, l’accessibilité numérique pour rompre la fracture, et le développement de logements inclusifs. Une approche qui reconnaît une fragilité sociale qu’on observe malheureusement trop souvent.
Santé et avenir : une vigilance de tous les instants
Médecin de formation et ancienne ministre de la Santé, la candidate porte un regard aiguisé sur les enjeux sanitaires. Elle promet une vigilance accrue sur l’installation de nouveaux médecins et le suivi du dossier hospitalier, saluant au passage l’inauguration récente du nouveau plateau technique.
« Notre sécurité sociale est en grande difficulté. La population vieillit et nous devons vieillir en meilleure santé », a-t-elle fait valoir, rappelant le projet de rénovation de l’hôpital Sainte-Anne, soutenu par l’État à hauteur de 30 millions d’euros. Un projet dont « nous avons bien besoin », selon elle.
Un centre-ville à réinventer avec réalisme
« J’aime profondément cette ville qui a beaucoup d’atouts longtemps ignorés », confie la candidate. La seconde partie de son programme vise à préparer Mont-de-Marsan pour 2040, avec un focus sur la transformation du centre-ville. Elle le reconnaît sans détour : « Compte tenus des capacités financières de la Ville et de l’État, nous devons avoir un projet réaliste et réalisable. »
Après les aménagements des berges et des places, elle appelle à une « transformation urgente et attendue » du reste du centre. « Je ne détiens pas la vérité. Il faut le construire avec les commerçants, les usagers », insiste-t-elle, évoquant un espace à rendre plus agréable et plus « sécure » pour les enfants. La semi-piétonnisation de certaines rues n’est pas exclue.
Relancer les dossiers emblématiques : des Nouvelles Galeries au musée
Deux dossiers symboliques du marasme actuel ont été abordés : les Nouvelles Galeries, fermées depuis 2008, et les travaux du musée Despiau-Wlérick. Sur le premier, elle déplore qu’un projet retenu soit « dans les limbes de la justice depuis cinq ans » et promet de tout reprendre avec les investisseurs prêts à y mettre 20 à 25 millions d’euros.
Pour le musée, elle ambitionne un partenariat avec le musée Rodin, afin de valoriser au niveau national le fonds unique de sculptures du début du XXe siècle, porté par les Montois Charles Despiau et Robert Wlérick. Une manière de faire rayonner un patrimoine local trop méconnu. Au-delà des discours, ces projets testent la capacité future de la ville à concrétiser ses ambitions.