Suzanne Valadon à la loupe à Mont-de-Marsan

Bien plus qu’une muse ou la mère d’Utrillo, Suzanne Valadon fut l’une des peintres les plus singulières de son époque. La médiathèque Philippe Labeyrie de Mont-de-Marsan lui consacre une conférence le vendredi 6 mars à 18h, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Le vendredi 6 mars à 18h, place du 6e R.P.I.Ma, Sophie Limare — professeure d’arts visuels et maître de conférence — animera une rencontre consacrée au parcours de Suzanne Valadon. L’initiative s’inscrit en écho à la Journée internationale des droits des femmes, et entend proposer un regard neuf sur une artiste trop souvent réduite à ses liens avec les hommes qui l’ont entourée : muse, modèle, mère. La conférence sera suivie d’un quiz pour prolonger l’échange avec le public.

Un destin hors normes dans un monde d’hommes

Née Marie-Clémentine Valadon le 23 septembre 1865 à Bessines-sur-Gartempe, de père inconnu et d’une mère blanchisseuse, la future Suzanne Valadon grandit à Montmartre dans une précarité que rien ne prédestinait à une carrière artistique. Acrobate de cirque à l’adolescence, une chute met fin à ses ambitions sur la piste. Elle entre alors comme modèle dans les ateliers du tout-Paris : Renoir, Toulouse-Lautrec, Puvis de Chavannes ou encore Degas l’ont tour à tour représentée sur leurs toiles.

Mais là où d’autres se seraient contentées de poser, Suzanne Valadon observe, apprend, dessine. C’est Edgar Degas qui, le premier, perçoit son talent, la surnommant « la terrible Maria », et l’encourage à exposer. En 1894, elle devient la première femme admise à la Société Nationale des Beaux-Arts. Autodidacte, sans appui familial ni fortune, elle s’impose progressivement comme peintre reconnue dans un milieu largement dominé par les hommes.

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Son œuvre, aujourd’hui estimée à plus de 500 toiles et 300 œuvres sur papier, se distingue par des lignes marquées, une palette de couleurs franches et une représentation résolument moderne des corps — féminins comme masculins. Elle est notamment la première artiste à peindre en grand format un nu masculin de face. Ses toiles figurent aujourd’hui dans les collections du Centre Pompidou, du musée d’Orsay, du Metropolitan Museum de New York ou encore du musée des Beaux-Arts de Lyon.

« Mon œuvre ? Elle est finie, mon œuvre, et la seule satisfaction qu’elle me procure est de n’avoir jamais trahi ni abdiqué rien de tout ce à quoi j’ai cru. »— Suzanne Valadon, peu avant sa mort en 1938, au poète Francis Carco

Une œuvre longtemps éclipsée, un regain d’intérêt tardif

Malgré sa reconnaissance de son vivant — elle meurt en 1938, entourée de Picasso, Braque et Derain —, l’œuvre de Suzanne Valadon a longtemps été reléguée dans l’ombre de son fils Maurice Utrillo, dont la renommée mondiale a paradoxalement occulté celle de sa mère. Ce n’est que progressivement, portée par un regain d’intérêt général pour les artistes femmes du début du XXe siècle, que sa cote et sa visibilité ont retrouvé leur juste niveau. Des institutions comme le Centre Pompidou lui ont consacré des expositions rétrospectives majeures, rappelant son rôle précurseur dans la modernité artistique.

C’est précisément cette réévaluation que vient nourrir la conférence de Mont-de-Marsan : replacer Suzanne Valadon au centre, pour elle-même, loin des étiquettes qui ont si longtemps brouillé la lecture de son œuvre.

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Informations pratiques

  • Date : Vendredi 6 mars à 18h
  • Lieu : Médiathèque Philippe Labeyrie – Place du 6e R.P.I.Ma, Mont-de-Marsan
  • Intervenante : Sophie Limare, professeure d’arts visuels et maître de conférence
  • Entrée : Sur inscription
  • Contact : 05 58 46 09 43 – montdemarsan.fr