Mai 2026 : chaleur extrême, les professionnels landais s’adaptent

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À retenir

  • Boulangers épuisés : travailler à 32 °C près du four devient intenable, faute de climatisation adaptée.
  • Aides à domicile sous pression : une canicule précoce fragilise les personnes âgées, qui annulent parfois les visites.
  • Éleveurs et maraîchers innovent : entre panneaux photovoltaïques et végétaux méditerranéens, l’adaptation s’accélère.

Il y a des records que personne n’a envie de battre. Ce mardi 26 mai, au cinquième jour de la vague de chaleur, Bergerac (35,2 °C), La Rochelle (35 °C) ou Angoulême (34,7 °C) ont inscrit les températures les plus hautes jamais mesurées pour un mois de mai. Dans les Landes, on frôle les records avec 32,8 °C à Mont-de-Marsan et Grenade-sur-l’Adour. Sur le terrain, j’ai rencontré plusieurs professionnels qui, concrètement, doivent réinventer leur quotidien.

Boulanger à Bayonne : « 10 heures non-stop à 32 degrés, c’est épuisant »

À la boulangerie Les Pains d’enfer, dans le quartier Saint-Esprit de Bayonne, Anseric Escoffier monte ses gâteaux basques dès 4 h du matin. Mais depuis deux jours, le thermomètre près du four flirte avec les 32 °C. « Dix heures non-stop à ce régime, ce n’est pas bon pour l’organisme. Je ne vais pas me plaindre, il y a d’autres métiers en extérieur encore plus exposés. On va investir dans un climatiseur pour gagner en qualité de travail, notamment pour nos vendeuses. Le ventilateur que l’on a ne suffit plus. Cet équipement coûte entre 8 000 et 15 000 euros, selon le modèle. » Il le dit sans détour : le climatiseur est devenu une nécessité, car les grosses variations affectent aussi le beurre des croissants et des chocolatines, comme la fermentation du pain.

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Aide à domicile à Grenade-sur-l’Adour : « Certains logements atteignent déjà 28 °C »

Amélie Zeni est aide à domicile au centre de soins ADMR de Grenade-sur-l’Adour (40). Chaque jour, elle cuisine, nettoie ou accompagne des personnes isolées et vulnérables. « Sortir le ventilateur quelques jours après avoir éteint le chauffage, c’est perturbant pour les organismes. » Elle a enregistré plusieurs annulations depuis le début de la semaine : certaines personnes âgées ne veulent pas faire monter la température chez elles. « Je les comprends, il fait déjà 27 ou 28 °C dans certains logements mal isolés. En été, lors des canicules, on peut dépasser les 30 °C à l’intérieur. Impossible de dormir. » À titre personnel, elle évite le repassage les jours de forte chaleur.

Éleveurs ovins en Gironde : des brebis rustiques et des panneaux photovoltaïques

Lisette et Paul Barraud sont éleveurs ovins à Gironde-sur-Dropt (33). Avec 300 têtes, ce jeune couple n’a pas attendu ce pic de chaleur pour prendre le changement climatique au sérieux. « Nous avons choisi des ovins de race à viande avec une certaine rusticité, capables de vivre dehors été comme hiver : la charmoise, la Hampshire et la Clun Forest. » Leurs bêtes pâturent 100 % du temps, y compris sous des panneaux photovoltaïques qui offrent zone d’ombre et herbe fraîche.

Pépiniériste à Mont-de-Marsan : des plantes méditerranéennes en plein essor

Jean-Luc Maury est pépiniériste sur le marché de Mont-de-Marsan, face aux arènes. « Les gens plantent de plus en plus tôt. Du temps de mon père, c’était autour du 15 mai. Désormais, le gros coup de feu a lieu en avril. » Pour maintenir les végétaux sans gaspiller d’eau, il applique des règles strictes : goutte-à-goutte et paillage. Il constate le succès croissant des végétaux d’inspiration méditerranéenne, comme la gaura ou les sauges, autrefois rares dans la région. Un changement de culture qui bouscule les habitudes des acheteurs montois.

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Caviste à Bordeaux : bière, seaux à glace et tireuse pour faire face

Julien Chivé tient la cave Chez Julo à Bordeaux, quartier Saint-Michel. Depuis la canicule de mai, il a installé un climatiseur mobile, car la température menace les bouteilles. Peu de clients en terrasse en début de soirée : les rouges passent au seau à glace pour ne pas dépasser 16 °C. « Les clients prennent surtout du blanc et du rosé, qui se réchauffent vite. Certains commencent par de la bière : j’ai investi dans une tireuse. »

Maraîcher au nord de Pau : protéger les plantes… et les humains

Vincent Joly, gérant de la cueillette de l’Aragnon, au nord de Pau, surveille autant ses plantations que l’intégrité physique de son équipe. Si les jeunes pousses de tomates profitent de la fraîcheur du sol, les petites mains souffrent. « Boire beaucoup d’eau, s’alimenter, se protéger du soleil. » Autre technique : arroser au moment de la plantation pour limiter la température du sol. Des adaptations de chaque instant, loin des discours.