Immobilier Pays de Born : Mimizan et Parentis tirent leur épingle du jeu

Temps de lecture : 4 min

Points clés à retenir

  • Biscarrosse : recul du marché littoral, érosion inquiète, prix ramenés à 2018-2019.
  • Mimizan et Parentis : marchés de report, prix 20% inférieurs, diversité de projets.
  • Locations tendues : forte demande sauf à Sanguinet où l’offre s’est détendue.

Le Pays de Born sous influence multiple

Sur le terrain, ce début 2026 confirme une tendance que les professionnels observent depuis plusieurs mois : le marché immobilier du Pays de Born n’est plus un bloc homogène. Chaque commune vit sa propre histoire. Si l’attractivité générale du secteur reste forte, portée par la côte landaise et ses atouts touristiques, les réalités locales se creusent. Concrètement, là où Biscarrosse marque le pas, Mimizan et Parentis-en-Born en profitent pour capter une clientèle qui cherche ailleurs un meilleur rapport qualité-prix.

Biscarrosse : un marché qui se recentre

À Biscarrosse, l’ambiance n’est pas alarmiste, mais les signes de ralentissement sont nets. Ce qu’on observe surtout, c’est une baisse d’intérêt pour le secteur de Biscarrosse-Plage. L’érosion côtière, sujet sensible dans les Landes, inquiète les acheteurs potentiels. Les transactions sur le front de mer se font plus rares. Du coup, c’est le bourg qui tire son épingle du jeu, avec des prix revenus à des niveaux plus sages : on ne dépasse plus les 4 000 euros du mètre carré, un seuil qui était devenu la norme lors de la flambée post-Covid.

A lire également  Mont-de-Marsan Agglo relance ses "cafés éco"

Dans les faits, les professionnels constatent un retour aux standards d’avant la crise sanitaire. Arnaud Franc Cousteaux, responsable de l’agence Cabinet Bedin, le dit clairement : la période où tout se vendait à n’importe quel prix est terminée. Les vendeurs doivent désormais composer avec un marché plus exigeant. Il faut le dire : cette correction était attendue après l’emballement de 2020-2022, mais elle n’a rien d’une chute brutale.

Mimizan, le marché de report qui séduit

À Mimizan, le bilan est tout autre. Ici, pas d’euphorie passée à corriger. La commune avait été moins touchée par la flambée des prix du Covid, ce qui lui permet aujourd’hui d’afficher des valeurs environ 20 % inférieures à celles de Biscarrosse. Ce décalage en fait un marché de report parfait pour les acheteurs qui visaient le Bassin d’Arcachon ou Biscarrosse mais qui ont dû revoir leurs ambitions à la baisse.

Concrètement, Mimizan attire une clientèle variée : retraités, familles, primo-accédants, avec un panel de projets allant de la résidence principale à l’investissement locatif. Le bourg et la plage offrent des opportunités différentes, ce qui maintient l’intérêt à un niveau élevé. Selon Benjamin Benquet, directeur de l’agence Orpi Leray Immobilier, le volume des ventes a certes marqué une légère pause en début d’année, mais la demande reste bien présente.

Parentis-en-Born, dynamique et en développement

Parentis-en-Born suit la même dynamique, avec une caractéristique propre : la ville est en pleine mutation urbaine. La livraison de programmes neufs au centre-ville attire de nouveaux habitants, notamment des retraités ou préretraités des grandes métropoles qui cherchent un cadre de vie plus calme sans renoncer aux services.

A lire également  Résidences secondaires : la surtaxe qui divise et l'épineuse question du vote

Comme le relève Gaëtan Montero, conseiller immobilier indépendant, la clé de la réussite pour Parentis repose sur l’adaptabilité des vendeurs. Ceux qui acceptent de fixer des prix en phase avec le marché ne rencontrent aucune difficulté à vendre. Au-delà des discours, c’est bien cette flexibilité qui fait la différence dans un secteur où l’offre reste soutenue.

Sanguinet en retrait, le marché locatif sous pression

Toutes les communes du Born ne sont pas logées à la même enseigne. À Sanguinet, le bilan est plus contrasté. Julie Guyard, dirigeante de l’agence Home 40, évoque un volume de ventes encore inférieur de 30 % par rapport aux années pré-Covid. La ville manque d’attractivité face à ses voisines Parentis et Mimizan, qui offrent un meilleur rapport qualité-prix pour ceux qui cherchent à s’installer durablement sur la côte atlantique.

Un autre facteur joue en défaveur de Sanguinet : la proximité avec le Bassin d’Arcachon n’est pas assez marquée pour capter les acheteurs. L’écart de prix, d’environ 50 000 euros sur une maison standard, n’est pas jugé suffisant pour justifier de renoncer aux avantages du Bassin (gare, commerces). On retrouve toujours un bon rapport qualité-prix à Sanguinet, mais dans un contexte moins porteur.

Conséquence directe : le marché locatif s’en ressent. Trouver une location à Sanguinet est devenu relativement aisé, avec des loyers abordables (700 euros pour un deux-pièces, 1 000 euros pour une maison). Mais ailleurs dans le Born, la tension locative reste extrême. À Biscarrosse, Arnaud Franc Cousteaux oriente même ses clients vers les réseaux sociaux, faute d’offres dans ses fichiers. Cette pénurie croisée avec une demande qui ne faiblit pas montre que la mécanique immobilière du Born est en pleine recomposition.

A lire également  Signature d'une convention stratégique pour l'économie sociale