Surendettement dans les Landes : une hausse moins forte qu’ailleurs

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Ce qu’il faut retenir

  • Hausse modérée : Les Landes enregistrent +5,1% de dossiers en 2025, contre +9,8% en France.
  • Profil spécifique : Le département compte moins de familles monoparentales, profil le plus touché par le surendettement.
  • Contexte favorable : Un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale semble jouer un rôle protecteur.

Une fragilité qui réapparaît, mais avec des nuances landaises

Sur le terrain, la directrice départementale de la Banque de France dans les Landes le confirme : une fragilité des ménages se dessine à nouveau. Concrètement, le nombre de demandes de surendettement a notablement augmenté ces deux dernières années. Il faut le dire, cette tendance s’explique par un cocktail de facteurs : la remontée des taux d’intérêt, la persistance d’une inflation pesante, et surtout, la multiplication inquiétante des « mini-crédits ». Ces prêts de 200 euros ou moins, obtenus en quelques clics, séduisent particulièrement les jeunes, parfois au prix d’une méconnaissance des risques.

Au-delà des discours, dans les faits, les causes profondes restent les accidents de la vie – un divorce, une perte d’emploi, une maladie – et l’insuffisance chronique des revenus pour faire face aux charges fixes. Ce qu’on observe, c’est que cette vague de difficultés touche le territoire, mais avec une intensité différente.

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Les Landes résistent mieux que la moyenne nationale

L’an dernier, 890 dossiers ont été déposés dans le département. Une hausse de 5,1% par rapport à l’année précédente. Ces chiffres, je les compare systématiquement. Et là, la spécificité landaise saute aux yeux : cette augmentation est bien moindre que celle enregistrée au niveau national (+9,8%) ou même régional (+12,1%). La population des personnes surendettées est effectivement moins représentée ici, comme le souligne la Banque de France.

Comment expliquer cette relative résilience ? Sur le terrain, une corrélation se dessine très clairement avec le taux de chômage. Au troisième trimestre 2025, il s’établissait à 7% dans les Landes, contre 7,7% pour l’ensemble du pays. Un écart qui, même minime, crée un contexte économique un peu plus favorable et limite probablement le nombre de situations de rupture.

Le profil type du surendetté, moins présent sous les pins

Il faut le dire, le surendettement a un visage. Le profil le plus fréquent est celui d’une femme seule, à la tête d’une famille monoparentale avec enfants. Une réalité sociale douloureuse qui pèse lourd dans les statistiques nationales. Concrètement, dans les Landes, cette configuration familiale est moins répandue. Selon les dernières données, environ 11% des familles étaient monoparentales dans le département, contre un quart en moyenne en France. Cette structure démographique participe sans doute à atténuer l’ampleur du phénomène localement.

Un recours tardif à la procédure, et une perspective sur dix ans

Au-delà des chiffres, j’ai voulu comprendre le parcours des personnes. Déposer un dossier de surendettement reste un acte difficile, vécu souvent comme un échec. Dans les faits, les ménages tentent d’abord toutes les alternatives : renégocier leurs crédits, solliciter l’aide familiale, serrer encore la ceinture. Résultat, la Banque de France intervient fréquemment avec deux ans de retard, une fois la situation déjà très dégradée.

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Pour autant, il est essentiel de prendre du recul. Si on élargit la focale sur dix ans, le constat est plus nuancé, voire positif. Au niveau national, le nombre de dossiers déclarés recevables a quasiment été divisé par deux entre 2015 et 2025, passant de 217 000 à environ 148 000. La hausse récente, bien réelle, s’inscrit donc sur une courbe globale de long terme qui va dans le bon sens. Dans les Landes, cette dynamique de fond, combinée à des facteurs structurels locaux plus favorables, permet de contenir l’impact d’une conjoncture économique difficile. Une spécificité à préserver, car elle protège, concrètement, le quotidien de nombreux Landais.