Le Département vote son budget

Le Conseil départemental des Landes a adopté son budget primitif 2026 lors de la séance plénière des 19 et 20 février, à 26 voix pour et 4 contre. Avec 602 M€ au compteur, soit une hausse de 6 %, la collectivité maintient ses ambitions sociales et d’investissement dans un contexte financier national qu’elle juge délibérément défavorable aux Départements.

Le Conseil départemental des Landes a présenté les grandes lignes de son budget primitif, adopté à l’issue de deux jours de séance plénière. Le document dresse un tableau de la situation financière des collectivités territoriales françaises, placées selon lui dans une impasse par l’État : d’un côté, des recettes largement dépendantes de ressources nationalisées et volatiles ; de l’autre, des dépenses sociales structurellement en hausse.

Dans les Landes, 61 % des 519 M€ de recettes de fonctionnement proviennent de ressources sur lesquelles la collectivité n’a aucune prise directe — TVA, dotations, TSCA, TICPE. Le produit de la taxe d’aménagement, lui, a chuté de 70 % en trois ans depuis la réforme de 2023. Malgré ce contexte, le Département présente un budget en hausse de 6 %, adossé à une reprise anticipée du résultat 2025 de 20,1 M€ et à un recours à l’emprunt limité à 46 M€.

Les grands équilibres du budget

Bloc de dépensesMontantÉvolution
Budget total602 M€+ 6 %
Fonctionnement485 M€81 % du total
Investissement (hors dette)101 M€+ 6,8 M€
Solidarités humaines283,7 M€+ 7,5 %
dont allocations individuelles113 M€
Collèges23 M€+ 6,7 M€ de travaux
Routes et mobilités30,8 M€7 180 €/km
Contribution au SDIS 4026,6 M€+ 1 M€
Agriculture7,2 M€
Soutien aux communes (2026)6,1 M€Programme 2025-2027 : 13,2 M€

⚠ Tempête Nils : le Département a inscrit en urgence 1 M€ au budget 2026 pour soutenir prioritairement les communes, intercommunalités et agriculteurs touchés par la tempête sur des biens non assurables — notamment les routes.

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Solidarités, collèges, routes : les priorités affichées

Avec 283,7 M€ dédiés aux solidarités humaines (+7,5 %), le Département veut confirmer sa vocation première. L’enveloppe couvre les allocations RSA, l’aide aux personnes âgées et handicapées, la protection de l’enfance et les politiques d’insertion. Sur le volet éducatif, 23 M€ sont fléchés vers les collèges, dont 18,8 M€ en travaux : rénovations énergétiques, extensions à Saint-Martin-de-Seignanx et Saint-Paul-lès-Dax, ou encore lancement d’études à Capbreton et Parentis-en-Born.

Côté pouvoir d’achat, le Département maintient plusieurs dispositifs concrets : gratuité des transports scolaires (2,1 M€), tarif unique de cantine à 3 € dans les collèges, chèque sport de 50 € par élève de 6e et bourses départementales du secondaire pour une enveloppe de 725 000 €.

Sur les routes, 30,8 M€ seront mobilisés pour entretenir les 4 289 km du réseau départemental. Des chantiers de sécurisation contre le trafic poids lourds sur la RD 834, entre Mont-de-Marsan et Saugnacq-et-Muret, devraient démarrer fin 2026 dans le cadre d’une enveloppe globale de 4,5 M€.

Transitions et grands chantiers en cours

Le Département réserve 2,47 M€ à sa participation annuelle à la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest (LNSO), conformément au plan de financement de 2022. Une étude de faisabilité de la future gare de Mont-de-Marsan est en cours, avec un rendu attendu mi-2026. Sur le numérique, 1 M€ supplémentaire est alloué au raccordement en fibre optique des foyers techniquement hors réseau, un dispositif présenté comme unique en France.

En matière agricole, le Département consacre 7,2 M€ à la filière et reconduit son fonds d’urgences sanitaires et climatiques d’1,5 M€, créé l’an passé. Une enveloppe exceptionnelle de 400 000 € dès 2026 — soit dix fois les montants habituels — est prévue pour soutenir la restructuration des vergers de kiwis, frappés par des dépérissements en cascade.

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Adopté à 26 voix pour et 4 contre, ce budget marque une continuité revendiquée dans la gestion du Département. La collectivité, qui dit ne pas avoir attendu les crises pour agir, entend démontrer qu’une gestion rigoureuse peut préserver des marges de manœuvre là où d’autres Départements — près de 60 selon le document — se trouvent aujourd’hui en difficulté financière majeure.