Un Landais primé pour son étude sur le Village Alzheimer de Dax

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Ce qu’il faut retenir

  • Reconnaissance : Un économiste de la santé originaire de Morcenx reçoit un prix national pour sa thèse sur le Village Landais Alzheimer Henri-Emmanuelli de Dax.
  • Résultats : Son étude montre un déclin cognitif moins marqué et moins d’hospitalisations pour les résidents du Village comparé aux Ehpad traditionnels.
  • Coût : Ce modèle alternatif, bien que bénéfique sur plusieurs plans, présente un prix journalier plus élevé pour les résidents.

Un prix national pour une étude ancrée dans les Landes

Sur le terrain de la recherche sur le grand âge, une voix landaise se distingue. Damien Krier, économiste de la santé et enfant de Morcenx-la-Nouvelle, recevra le 19 mars le prix de thèse Yves-Journel de la Fondation Domus Vi. Sa thèse, consacrée à l’évaluation du Village landais Alzheimer Henri-Emmanuelli (VLHE) à Dax, a été sélectionnée parmi de nombreux travaux. Concrètement, elle pose une question essentielle : ce village, conçu comme une alternative aux Ehpad, tient-il ses promesses ?

Au-delà des discours, ce que les chiffres révèlent

Ce qu’on observe dans les travaux de Damien Krier, c’est une analyse rigoureuse des impacts de ce modèle fondé sur la désinstitutionnalisation. L’objectif du VLHE est de recréer un cadre de vie ordinaire, avec des maisons de huit chambres maximum et une ouverture sur l’extérieur, pour favoriser l’autonomie. Dans les faits, sa thèse démontre plusieurs tendances significatives.

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Il faut le dire : les résidents du Village connaissent des hospitalisations moins fréquentes et plus courtes en unité médicale (hors psychiatrie) que ceux vivant en Ehpad classique. Un élément qui, à l’échelle, pourrait représenter des économies pour l’Assurance maladie. Plus frappant encore, le déclin cognitif semble moins marqué au VLHE. Le personnel évoque aussi un meilleur épanouissement professionnel dans un secteur souvent rongé par la perte de sens.

La question du coût, une réalité à contextualiser

Mais tous ces bénéfices ont un prix. Le coût journalier pour un résident du Village est plus élevé que celui d’un séjour en Ehpad, comme le rappelle l’économiste. Une donnée cruciale qui invite à une réflexion plus large sur la valeur que notre société accorde à la qualité de vie et aux soins des personnes âgées dépendantes. Au-delà du simple fonctionnement du village, Damien Krier poursuit d’ailleurs ses recherches pour évaluer l’ensemble des coûts liés au parcours de soins des résidents.

Un parcours sinueux, de la boxe à la recherche

Derrière cette reconnaissance académique se cache un parcours qui n’était pas tracé d’avance. Damien Krier le confie : il n’était « pas voué à faire de longues études ». Lycéen à Morcenx, il était plus investi dans ses combats de boxe que dans les salles de classe, décrochant son bac au rattrapage. Mais derrière une moyenne modeste en Terminale se cachait un vif intérêt pour la biologie.

Sur le terrain universitaire ensuite, à Bordeaux puis Nantes pour un master en économie de la santé. Une expérience dans le secteur pharmaceutique à Paris le laisse sur une impression de manque de liberté. C’est finalement un ancien professeur qui lui propose un projet d’évaluation dans les Landes, le ramenant vers son territoire et l’océan, lui qui est amateur de surf. Une belle illustration de ces chemins de traverse qui nourrissent souvent les recherches les plus pertinentes.

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Des pistes landaises pour l’avenir du grand âge

Aujourd’hui post-doctorant et de retour dans le Sud-Ouest, Damien Krier n’en a pas fini avec le VLHE. Ses travaux en cours cherchent à déterminer si ce modèle landais est véritablement efficient, à la fois en termes de qualité de vie et d’équilibre économique. Une question qui dépasse largement le cadre local. Dans les faits, l’expérience dacquoise, scrutée et analysée par l’un de ses enfants, pourrait bien éclairer les choix nationaux sur la prise en charge de la dépendance. Une preuve, s’il en fallait, que l’innovation sociale et médicale peut aussi germer sous les pins.