Gascon dans les Landes : la mobilisation s’organise

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Points clés à retenir

  • Mobilisation : Gascon Lanas interpelle les 327 maires et 18 présidents d’EPCI pour inscrire le gascon dans la durée.
  • Objectif : faire du gascon une langue d’usage, parlée au quotidien, en s’appuyant sur les 40 000 locuteurs potentiels du département.
  • Prochaine étape : une conférence le 19 novembre 2026 à Mont-de-Marsan, dans le cadre du festival Autonada deu Moun.

Une campagne pour ancrer le gascon dans le quotidien

Sur le terrain, l’association Gascon Lanas a décidé de passer à la vitesse supérieure. Depuis la mi-septembre, un message clair a été envoyé à toutes les mairies des Landes : « Refaire du gascon une langue d’usage » (Tornar har deu gascon ua lenga d’usatge). Ce mot d’ordre, porté par l’association qui fédère 30 structures départementales, a été adressé directement aux 327 maires et aux 18 présidents d’EPCI. Une démarche inspirée de ce qui se fait déjà dans le Béarn, la Bigorre, le Marmande ou le Sud-Gironde, et soutenue par l’Office public de la langue occitane (Oplo).

« C’est la suite logique de la Passem, qui a mobilisé 70 communes landaises et rencontré un vrai succès auprès des jeunes, explique Paul Faury, président de Gascon Lanas. Cela montre qu’il y a une demande sociale, un intérêt réel. On veut capitaliser dessus. »

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Une politique de long terme, pas un simple coup de communication

Gascon Lanas ne veut pas se contenter d’effets d’annonce. En janvier 2025, l’association avait déjà sondé les municipalités via un questionnaire, en partenariat avec l’Association des maires des Landes, pour recenser les actions existantes. Aujourd’hui, le courrier est cosigné par l’Association des maires ruraux. « Les choses peuvent bouger d’en bas, estime Paul Faury. Si chaque maire décide que sa commune sera bilingue, on avance. Mais il faut une politique transverse et durable. La langue, ce n’est pas qu’un panneau ou un drapeau. Il faut l’inscrire dans le temps long, sur une mandature entière. »

Concrètement, l’association suggère aux élus de :

  • Intégrer l’occitan dans la communication municipale (journaux, noms de rue) pour donner de la visibilité à la langue.
  • Créer un fonds gascon dans toutes les bibliothèques.
  • Désigner un référent de la langue dans chaque commune, garant de la réflexion.

« Nous nous engageons à assurer le service après-vente, promet Paul Faury. Nous serons disponibles pour fournir des outils, des idées, animer le réseau. »

Le gascon, une langue vivante à transmettre

Selon une enquête de l’Oplo datant de 2020, on estime à 40 000 le nombre de locuteurs potentiels dans le département. « Et trois fois plus comprennent le gascon, ajoute Paul Faury. Pour le défendre, il faut le parler. Qu’il s’entende en famille, dans la rue, lors d’événements publics. Il faut transformer l’attachement en engagement. Parler, même mal, écouter la radio par exemple Cap a cap, qui émet depuis Bégaar, et lire. »

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Au-delà des discours, l’enjeu est de faire vivre la langue au quotidien, pas seulement lors de manifestations culturelles ponctuelles. C’est tout l’esprit de cette campagne.

Rendez-vous le 19 novembre 2026

Pour prolonger la discussion, une conférence aura lieu le jeudi 19 novembre 2026 à 18 heures, à la médiathèque Philippe-Labeyrie de Mont-de-Marsan. Elle s’inscrit dans le cadre du festival Autonada deu Moun, qui débutera fin octobre. Michel Feltin-Palas, linguiste et rédacteur en chef à L’Express, interviendra sur le thème « Refaire du gascon une langue d’usage ». Un moment d’échange pour poursuivre la mobilisation.

Où apprendre le gascon ?

Plusieurs structures proposent des cours et des ateliers pour apprendre ou se perfectionner en gascon dans les Landes. Renseignez-vous auprès de Gascon Lanas ou des associations locales. ActualLandes reste à votre disposition pour relayersonne ces initiatives.